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Ménopause et cerveau : des modifications comparables à Alzheimer mises en évidence par l’imagerie

Edité par : Dr Salim BENLEFKI | Docteur en neuroscience
7 février 2026

La ménopause ne se limite pas à des bouleversements hormonaux et physiques. Selon une vaste étude britannique, elle s’accompagnerait aussi de modifications structurelles du cerveau, comparables à celles observées dans la maladie d’Alzheimer. Ces résultats, publiés dans la revue Psychological Medicine, n’établissent pas de lien direct avec l’apparition d’une démence, mais soulèvent des questions majeures sur la santé cérébrale des femmes après la ménopause.

Cette recherche s’appuie sur les données de près de 125 000 femmes, issues de grandes cohortes britanniques.

Parmi elles, environ 11 000 participantes ont bénéficié d’une imagerie cérébrale par IRM, permettant une analyse fine des structures du cerveau.

L’objectif : comprendre comment la transition ménopausique influence le cerveau, indépendamment du vieillissement normal.

Les chercheurs ont mis en évidence une réduction de la matière grise dans plusieurs régions cérébrales clés chez les femmes ménopausées.

La matière grise correspond aux corps cellulaires des neurones. Elle joue un rôle central dans :

  • la mémoire,
  • l’apprentissage,
  • la prise de décision,
  • la régulation émotionnelle.

Ces altérations ne signifient pas une maladie, mais traduisent une modification mesurable du fonctionnement cérébral.

Selon la professeure Barbara Sahakian, chercheuse à l’Université de Cambridge et auteure principale de l’étude, les régions concernées sont précisément celles impliquées dans la maladie d’Alzheimer.

  • L’hippocampe : Zone essentielle à la mémoire et à l’apprentissage.Elle est souvent l’une des premières atteintes dans les maladies neurodégénératives.
  • Le cortex entorhinal : Impliqué dans la formation des souvenirs et la navigation spatiale.Il joue un rôle clé dans la communication entre l’hippocampe et le reste du cerveau.
  • Le cortex cingulaire antérieur : Responsable de l’attention, de la gestion des émotions et du contrôle cognitif.Son altération peut influencer l’humeur et les capacités d’adaptation.

Ces régions forment un réseau central du fonctionnement cognitif et émotionnel.

Les femmes présentent un risque plus élevé de démence que les hommes, même après ajustement pour l’espérance de vie.

Selon les chercheurs, les modifications cérébrales observées lors de la ménopause pourraient contribuer à expliquer cette différence, sans en être l’unique cause.

Le vieillissement, les facteurs génétiques, cardiovasculaires et environnementaux restent déterminants.

Les auteurs rappellent que le cerveau fonctionne comme un tout. La perte de matière grise s’inscrit dans un système où la substance blanche, chargée de transmettre les signaux nerveux, joue aussi un rôle essentiel.

Les changements observés reflètent donc une réorganisation cérébrale complexe, et non une dégénérescence systématique.

L’étude s’est également intéressée au traitement hormonal substitutif (THS), fréquemment prescrit pour soulager les symptômes de la ménopause.

Résultat : le THS ne semble pas empêcher la diminution de la matière grise observée.

Les chercheurs soulignent toutefois que :

  • les effets du THS sur le cerveau restent mal compris ;
  • de nombreuses femmes sous THS présentaient déjà des troubles de l’humeur ou de la santé mentale avant le traitement.

Il est donc impossible de conclure à un effet négatif direct du THS sur le cerveau à partir de ces données.

Pour les spécialistes, cette étude renforce les preuves que la ménopause entraîne des changements physiques du cerveau, notamment une réduction de volume dans certaines zones.

Il insiste cependant sur un point clé : l’absence de suivi longitudinal ne permet pas de dire si ces modifications augmentent réellement le risque de démence à long terme.

Même en l’absence de lien direct établi, les experts rappellent l’importance des mesures de prévention validées scientifiquement :

  • pratiquer une activité physique régulière ;
  • maintenir une alimentation équilibrée, de type méditerranéen ;
  • arrêter le tabac ;
  • limiter la consommation d’alcool ;
  • surveiller les facteurs cardiovasculaires (hypertension, diabète, cholestérol) ;
  • stimuler ses fonctions cognitives et préserver les liens sociaux.

Ces stratégies sont reconnues comme bénéfiques pour la santé cérébrale, quel que soit l’âge.

La ménopause s’accompagne de modifications cérébrales mesurables, touchant des zones impliquées dans la mémoire et les émotions.

Ces changements ressemblent à ceux observés dans la maladie d’Alzheimer, sans pour autant annoncer une démence.

Ils rappellent surtout que la ménopause est une transition neurologique autant qu’hormonale, et que la santé du cerveau des femmes mérite une attention médicale et scientifique renforcée.

Mots-clés : Ménopause ; cerveau ; Alzheimer ; matière grise ; hippocampe ; traitement ; hormonal ; démence ; santé ; cognitive ; IRM ; prévention ;

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