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Crème solaire au quotidien : protection essentielle ou excès cosmétique ?

Edité par : Dre. Wioletta Julia Puzio | Docteure en médecine
28 janvier 2026

De plus en plus de crèmes de jour, fonds de teint et soins visage affichent un SPF sur leur étiquette. Sur les réseaux sociaux, des  experts beauté  encouragent une application quotidienne, été comme hiver, au nom de la prévention du vieillissement cutané. Mais cette pratique est-elle réellement utile ? Et surtout, est-elle sans risque pour la peau ?

Le SPF (Sun Protection Factor) mesure la protection contre les UVB, responsables des coups de soleil.

Il ne renseigne pas directement sur la protection contre les UVA, impliqués dans le vieillissement cutané, les taches pigmentaires et certains cancers de la peau. Une crème réellement protectrice doit donc être à large spectre (UVA + UVB).

Contrairement aux idées reçues, les UVA sont présents toute l’année, y compris :

  • en hiver,
  • par temps nuageux,
  • à travers les vitres.

Ils pénètrent profondément dans la peau, altèrent le collagène et accélèrent le photo-vieillissement. C’est sur ce point que reposent les arguments des dermatologues favorables à une protection quotidienne du visage, zone particulièrement exposée.

D’un point de vue médical, la protection solaire est le geste anti-âge le plus documenté.

Des études montrent que l’usage régulier d’un écran solaire réduit :

  • l’apparition des rides,
  • le relâchement cutané,
  • les taches brunes,
  • le risque de cancers cutanés.

Sur ce plan, appliquer un SPF au quotidien a du sens, surtout pour les peaux claires, sensibles ou à risque.

La réponse est nuancée.

✔ Oui, utile si :

  • vous passez du temps à l’extérieur,
  • vous vivez en zone ensoleillée,
  • vous êtes exposé à la lumière naturelle derrière des vitres,
  • vous avez une peau claire, des antécédents de taches ou de cancer cutané.

 Moins indispensable si :

  • vous restez majoritairement en intérieur,
  • l’indice UV est très faible,
  • votre crème contient un SPF bas appliqué en quantité insuffisante (ce qui est fréquent).

Dans la pratique, les crèmes de jour SPF sont souvent :

  • appliquées en trop faible quantité pour assurer la protection annoncée,
  • insuffisamment résistantes (pas toujours photostables),
  • peu réappliquées dans la journée.

Résultat : la protection réelle est souvent bien inférieure à celle attendue.

Chez la majorité des personnes, aucun danger majeur n’est identifié.

Cependant :

  • certaines peaux sensibles peuvent développer irritations ou allergies,
  • certains filtres chimiques sont discutés pour leur impact environnemental ou hormonal, bien que les doses cosmétiques restent réglementées,
  • une protection excessive peut contribuer à une diminution de la synthèse de vitamine D, surtout en cas d’exposition solaire quasi nulle.

Les spécialistes s’accordent sur plusieurs points clés :

  • privilégier un SPF 30 minimum, à large spectre,
  • choisir une texture adaptée à son type de peau,
  • réserver les SPF 50+ aux expositions prolongées,
  • compléter la protection par des mesures simples : chapeau, lunettes, ombre,
  • ne pas négliger l’exposition solaire modérée, bénéfique à la vitamine D.

Appliquer un produit contenant un SPF sur le visage peut être un bon réflexe, à condition qu’il soit :

  • adapté,
  • bien formulé,
  • utilisé de manière raisonnée.

La protection solaire est un outil de santé cutanée, pas un geste marketing automatique. Elle doit s’inscrire dans une approche globale, fondée sur l’exposition réelle, le type de peau et les besoins individuels.

À retenir

  • Oui, la protection solaire quotidienne du visage peut prévenir le vieillissement cutané et certains cancers.
  • Non, elle ne doit pas devenir une routine anxiogène ou excessive.

Comme souvent en dermatologie, la mesure et l’adaptation priment sur la surconsommation.

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