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Novembre Bleu : Un mois pour la santé des hommes — dépister et parler des cancers masculins..

Edité par : Dr Souad BRAHIMI | Docteure en Medecine
2 novembre 2025

Chaque mois de novembre, le monde entier se pare de bleu. Derrière ce symbole, une mission : sensibiliser les hommes aux cancers masculins, en particulier ceux de la prostate, des testicules, et plus rarement, de la verge. Cette campagne, baptisée “Novembre Bleu”, s’inscrit dans la continuité d’“Octobre Rose”, dédié à la santé féminine. Elle vise à informer, prévenir, encourager le dépistage et soutenir les patients ainsi que leurs familles.

Lancée à l’origine sous le nom de “Movember” en Australie, au début des années 2000, l’initiative est aujourd’hui mondiale. Le principe ? Faire pousser sa moustache pour susciter le dialogue autour de la santé masculine. Plus qu’un simple geste, c’est un acte de solidarité et d’engagement pour la prévention.

À l’occasion de Novembre Bleu, le magazine ‘’Ma Santé, Ma Vie’’ se mobilise en lançant une campagne nationale de sensibilisation pour informer, prévenir et encourager le dépistage des cancers masculins.

Malgré les progrès médicaux, les cancers masculins restent sous-dépistés. Le tabou et le manque d’information entraînent souvent un diagnostic tardif, réduisant les chances de guérison.

En France et chaque année, près de 65 000 nouveaux cas de cancer de la prostate et environ 2 700 cas de cancer des testicules sont recensés . Le cancer de la prostate touche 1 homme sur 8, principalement après 50 ans, tandis que le cancer du testicule concerne davantage les jeunes hommes entre 20 et 35 ans.

Ces chiffres rappellent que la prévention sauve des vies. Détectés précocement, ces cancers peuvent être soignés efficacement dans plus de 90 % des cas.

Le dépistage est le pilier de la prévention. Il repose sur plusieurs examens simples et accessibles :

  • La consultation médicale : le médecin généraliste évalue les facteurs de risque (âge, antécédents familiaux, mode de vie).
  • Le toucher rectal : réalisé par un urologue, il permet de détecter des anomalies de la prostate.
  • Le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) : un test sanguin qui mesure la concentration d’une protéine produite par la prostate.
  • En cas d’anomalie, des examens complémentaires tels que la biopsie, l’IRM prostatique ou la scintigraphie osseuse peuvent être proposés pour confirmer le diagnostic et évaluer le stade de la maladie.

Un dépistage régulier à partir de 50 ans, ou dès 45 ans en cas d’antécédents familiaux, est fortement recommandé.

La prostate est une petite glande, de la taille d’une châtaigne, située sous la vessie. Elle joue un rôle essentiel dans la production du liquide séminal, qui permet le transport des spermatozoïdes.

Le cancer de la prostate correspond à une prolifération anormale de cellules au sein de cette glande. Il peut rester longtemps silencieux. Les premiers symptômes apparaissent souvent tard :

  • difficultés à uriner, jet faible ou interrompu,
  • envies fréquentes, notamment la nuit,
  • douleurs pelviennes ou lombaires,
  • présence de sang dans les urines ou le sperme.

Ces signes ne sont pas toujours synonymes de cancer, mais doivent conduire à une consultation médicale rapide.

  •  L’âge (plus de 50 ans) ;
  • Les antécédents familiaux (père, frère ou oncle atteint) ;
  • L’alimentation riche en graisses animales et pauvre en fibres ;
  • La sédentarité, le tabac et l’obésité.

Les options thérapeutiques varient selon le stade du cancer, l’âge et l’état de santé du patient.

  • Surveillance active : pour les formes peu agressives, sans traitement immédiat, avec un suivi régulier.
  • Prostatectomie radicale : ablation chirurgicale de la prostate.
  • Radiothérapie externe ou curiethérapie : irradiation ciblée pour détruire les cellules cancéreuses.
  • Hormonothérapie : traitement visant à bloquer la testostérone, hormone favorisant la croissance tumorale.
  • Ultrasons focalisés (HIFU), cryothérapie, ou photothérapie dynamique : techniques innovantes et moins invasives.

Les progrès en imagerie médicale, robotique et intelligence artificielle permettent aujourd’hui des traitements plus précis, réduisant les effets secondaires et améliorant la qualité de vie après cancer.

Moins fréquent mais souvent méconnu, le cancer du testicule touche surtout les hommes de 20 à 35 ans. Il se manifeste généralement par :

  • une boule ou induration au niveau d’un testicule,
  • une sensation de lourdeur ou une gêne dans le bas-ventre,
  • parfois une douleur diffuse.

Le diagnostic précoce repose sur l’auto-palpation mensuelle. En cas de doute, une échographie testiculaire est indispensable.

Le traitement associe chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie, avec un taux de guérison supérieur à 95 % si la maladie est détectée tôt.

Après un cancer, la reprise d’une vie normale est possible, mais elle nécessite un suivi médical régulier et un soutien psychologique adapté.

Les effets secondaires (incontinence, troubles sexuels, fatigue) peuvent être atténués grâce à une prise en charge multidisciplinaire : urologues, kinésithérapeutes, sexologues, psychologues.

  • Adopter une alimentation équilibrée : riche en fruits, légumes, fibres et acides gras oméga-3.
  • Éviter le tabac, l’alcool et la sédentarité.
  • Maintenir un poids santé et pratiquer une activité physique régulière.
  • Consulter régulièrement un médecin ou un urologue.
  • Parler ouvertement de sa santé : briser le tabou, c’est déjà se protéger.

La moustache, devenue l’emblème de Movember, est plus qu’un signe distinctif : c’est un appel à la solidarité. Elle rappelle que prendre soin de sa santé n’est pas une faiblesse, mais un acte de courage.

Partout dans le monde, des hôpitaux, associations, clubs sportifs et entreprises se mobilisent en organisant des conférences, dépistages gratuits, collectes de fonds et campagnes d’information.

Sensibiliser, dépister, soutenir : trois gestes simples pour sauver des vies.

Ensemble, faisons de Novembre Bleu un mois de parole libérée, de prévention active et de solidarité masculine.

Chaque moustache, chaque geste, chaque consultation compte. Parce que la santé des hommes est l’affaire de tous, et qu’en parler, c’est déjà commencer à guérir.

Mots clés : cancer ; prostate ; November bleu; dépister ; homme ; diagnostic 

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