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Paracétamol et autisme : pourquoi les propos de Donald Trump sont infondés et dangereux

Edité par : Dr Souad BRAHIMI | Docteur en medecine
26 septembre 2025

« N’en prenez pas. N’en donnez pas à vos bébés. » Lundi, depuis la Maison-Blanche, Donald Trump a lancé une mise en garde fracassante contre le paracétamol – connu sous le nom de Doliprane ou Dafalgan en Europe, et de Tylenol aux États-Unis. Selon lui, la prise de ce médicament par les femmes enceintes augmenterait « fortement » le risque d’autisme chez l’enfant.

Pour étayer ses propos, il a avancé des exemples erronés : « Les Cubains n’ont pas d’autisme car ils n’ont pas accès au paracétamol », ou encore « les Amish, qui refusent vaccins et pilules, n’ont pas d’autisme ». Deux affirmations fausses, démenties depuis longtemps par la recherche scientifique.

Les experts ont immédiatement réagi. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé qu’aucun lien de causalité n’a jamais été démontré entre le paracétamol et l’autisme.

« Certaines études d’observation ont évoqué une possible association, mais les résultats sont incohérents et insuffisants pour conclure », a déclaré Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS. Plusieurs travaux, plus robustes, n’ont trouvé aucune relation. Autrement dit, les déclarations de Donald Trump sont scientifiquement infondées et risquent surtout de semer la confusion et la peur chez les femmes enceintes.

Le paracétamol reste le médicament de première intention recommandé chez la femme enceinte pour traiter la douleur et la fièvre. Contrairement à l’aspirine ou à l’ibuprofène, contre-indiqués en fin de grossesse en raison de risques pour le fœtus, le paracétamol présente un profil de sécurité largement validé.

« Utilisé aux bonnes doses, il reste le traitement le plus sûr dans ces situations », rappellent les sociétés savantes .

Dans la même allocution, Donald Trump a mis en cause le calendrier vaccinal des enfants, suggérant que les non-vaccinés échappaient à l’autisme. Là encore, l’OMS a été catégorique : les vaccins ne causent pas l’autisme.

« Les vaccins sauvent des vies. Ils ont permis d’éradiquer ou de contrôler des maladies qui tuaient des millions d’enfants », a insisté Tarik Jasarevic. Modifier ou retarder la vaccination sans preuve scientifique accroît au contraire le risque de maladies infectieuses graves, non seulement pour l’enfant, mais aussi pour la collectivité.

L’autisme est un trouble du neuro-développement complexe qui touche environ 62 millions de personnes dans le monde. Sa prévalence a augmenté ces dernières décennies, notamment grâce à un meilleur dépistage et à un élargissement des critères diagnostiques.

Les causes de l’autisme ne sont pas encore totalement élucidées. Les recherches pointent un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux, mais aucun médicament ni vaccin n’a jamais été identifié comme cause directe.

Face aux déclarations politiques trompeuses, les experts rappellent quelques principes simples :

Paracétamol : il peut être pris pendant la grossesse si nécessaire, mais toujours à la dose minimale efficace et sur une durée limitée.

Vaccination : respecter le calendrier vaccinal est essentiel pour protéger les enfants et la communauté contre des maladies potentiellement mortelles.

Consultation médicale : toute femme enceinte doit demander conseil à son médecin avant de prendre un médicament, même en automédication.

Information fiable : privilégier les sources scientifiques (OMS, instituts de santé, associations médicales) plutôt que les déclarations politiques.

La diffusion d’informations infondées par des responsables politiques de premier plan est préoccupante. Elles risquent d’inciter des femmes enceintes à renoncer à un traitement sûr, ou des parents à priver leurs enfants de vaccins essentiels.

« La science est là pour guider les décisions de santé publique, pas les croyances », rappelle l’OMS. Dans un monde marqué par la désinformation, redoubler d’efforts pour expliquer, éduquer et rassurer les populations reste une priorité absolue.

Ni le paracétamol ni les vaccins ne provoquent l’autisme. Ce sont des outils médicaux sûrs et indispensables. Le vrai danger, ce sont les rumeurs qui sapent la confiance dans la science et mettent des vies en danger.

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