Dans le cadre du renforcement de la coopération internationale en santé, l’Institut National de Santé Publique (INSP) a accueilli ce mercredi 30 juillet 2025 à Alger le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Phanuel Habimana. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de consolidation des liens stratégiques entre les deux institutions, axée sur la prévention, la surveillance épidémiologique et le renforcement des capacités du personnel de santé.
Une collaboration renforcée au service de la santé publique
Le Directeur général de l’INSP, le Professeur Bouamra Abderrezak, a salué cette rencontre, soulignant son importance pour la mise en œuvre d’une vision commune en matière de santé publique. L’échange a permis de faire le point sur les actions conjointes déjà menées et de définir de nouveaux axes de partenariat pour soutenir durablement les politiques sanitaires nationales.
Surveillance hospitalière : deux enquêtes au cœur des préoccupations
La journée a été marquée par la restitution des résultats de deux enquêtes menées en collaboration avec l’OMS :
- Une enquête sur la prévalence des infections associées aux soins (IAS) et la prescription des anti-infectieux dans les centres hospitalo-universitaires.
- Une enquête sur la consommation des antibiotiques dans les cinq principaux CHU d’Alger.
Ces enquêtes visent à dresser un état des lieux précis de la situation dans les établissements hospitaliers, à identifier les écarts par rapport aux normes internationales, et à formuler des recommandations concrètes pour améliorer la qualité des soins et renforcer la lutte contre les résistances antimicrobiennes.
Infections nosocomiales : une menace silencieuse mais évitable
Les infections associées aux soins, aussi appelées infections nosocomiales, constituent un enjeu majeur de sécurité sanitaire. Elles surviennent au cours ou après une prise en charge médicale, notamment en milieu hospitalier, et peuvent entraîner des complications graves, des prolongations d’hospitalisation, voire des décès.
Selon les données partagées lors de cette journée, certaines unités de soins présentent encore des taux de prévalence supérieurs à ceux recommandés par les standards internationaux. La vigilance dans l’hygiène des mains, la désinfection des surfaces, la gestion des dispositifs invasifs (sondes, cathéters, respirateurs) et la formation continue du personnel figurent parmi les leviers d’action prioritaires identifiés.
Usage des antibiotiques : mieux prescrire pour mieux soigner
L’enquête sur la consommation d’antibiotiques révèle des disparités dans les pratiques de prescription entre les établissements. Elle met en lumière une tendance préoccupante à la sur-prescription, notamment de molécules à large spectre, ce qui favorise le développement de bactéries multi-résistantes.
Le bon usage des antibiotiques est devenu une urgence de santé publique mondiale. L’OMS encourage des politiques d’antibiorésistance basées sur la pharmacovigilance, les audits de prescription et la formation des prescripteurs à l’antibiothérapie raisonnée.
Vers une gouvernance hospitalière plus rigoureuse
Les échanges ont souligné la nécessité d’instaurer une culture de la sécurité des soins, fondée sur la transparence, l’évaluation continue des pratiques et l’appropriation des protocoles d’hygiène et de prévention par l’ensemble du personnel hospitalier.
Cette journée a permis aux acteurs de terrain, experts et responsables de structures sanitaires de confronter leurs expériences et de proposer des pistes d’action concrètes pour renforcer la résilience des hôpitaux face aux risques infectieux.
Une dynamique de transformation durable
En clôture de la rencontre, le Pr Bouamra et le Dr Habimana ont réaffirmé leur engagement à faire de la surveillance hospitalière un pilier central des politiques de santé publique en Algérie. Le renforcement des systèmes d’information sanitaires, le suivi épidémiologique et la diffusion régulière de rapports fiables permettront de mieux anticiper les risques, d’adapter les réponses et d’assurer aux patients des soins plus sûrs et plus efficaces.
Cette collaboration renouvelée entre l’INSP et l’OMS s’inscrit ainsi dans une ambition partagée : bâtir un système de santé plus réactif, plus rigoureux, et au service de tous.
Mots clés : INSP ; OMS ; santé ; hospitalisation ; enquête ; infectieux ;
à lire aussi: