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Bordj Bou Arréridj en flammes : dix 10 avions mobilisés pour contenir un incendie d’ampleur

Edité par : Safa Kouther BOUARISSA | Journaliste
24 juillet 2025

Un violent incendie s’est déclenché depuis mercredi 23 juillet à Thénia El Nasr, dans le nord  la wilaya de Bordj Bou Arréridj. En quelques heures, les flammes se sont propagées à grande vitesse, attisées par des vents chauds et secs, menaçant plusieurs localités voisines, dont Afigo, Rouabah et Tizaâtrine. L’alerte a été donnée en milieu d’après-midi. Face à l’intensité du sinistre, les services de la Protection civile ont mobilisé d’importants moyens humains et matériels pour tenter de circonscrire l’incendie.

Mais la force des feux ont atteint les communes limitrophes de la daïra de Djaafra causant des dégâts importants. L’incendie, parti de ThennietNacer vers 14h, s’est rapidement propagé jusqu’à cette localité. À 20h30, il n’était toujours pas maîtrisé. Là aussi, les équipes de la Protection civile sont à pied d’œuvre, épaulées par les mêmes moyens aériens et terrestres.

Les villages les plus exposés ont été rapidement évacués à titre préventif. Aucun blessé n’est à déplorer, mais plusieurs familles ont été déplacées vers des zones plus sûres. La priorité des autorités a été claire : protéger les habitants face à la menace grandissante.

Pour faire face à la progression rapide du feu, des renforts ont été dépêchés depuis Béjaïa, M’Sila, Bouira,… Deux colonnes mobiles venues de Bordj Bou Arréridj et Béjaïa ont d’abord été déployées, avant qu’une troisième ne rejoigne les opérations depuis M’Sila. Leur objectif : contenir les flammes aux abords des zones habitées et ralentir la propagation du brasier.

La réponse aérienne a été tout aussi massive. Neuf avions AT802 spécialisés dans la lutte contre les incendies, accompagnés d’un bombardier d’eau de type BE200, ont été mobilisés. Ces appareils ont ciblé les zones inaccessibles aux équipes au sol et permis de ralentir la progression des foyers les plus virulents.

Ce drame se déroule dans un contexte climatique particulièrement éprouvant. Une vague de chaleur intense frappe actuellement la région. L’Office national de la météorologie a d’ailleurs émis une alerte spéciale, mettant en garde contre des températures exceptionnellement élevées.

Cette chaleur extrême complique sérieusement le travail des équipes de secours. Les opérations d’extinction deviennent plus ardues, tandis que le risque de nouveaux départs de feu augmente dangereusement. Dans les zones rurales, souvent difficiles d’accès, les habitants sont durement touchés. Isolés et exposés, ils subissent de plein fouet les effets conjugués de la canicule et des incendies.

Les pompiers, déjà éprouvés par l’ampleur des feux, doivent également lutter contre la fatigue, la déshydratation et des conditions de travail extrêmes. Un véritable défi humain et logistique.

Face à l’urgence, la solidarité entre les wilayas s’est immédiatement manifestée. Les secours venus de différentes régions ont uni leurs forces pour combattre les flammes, illustrant une coordination exemplaire. Les équipes d’intervention travaillent sans relâche, sur terre comme dans les airs, malgré des conditions extrêmes.

La population, quant à elle, fait preuve d’une discipline remarquable. Les évacuations se déroulent dans le calme, les consignes sont respectées, et de nombreux citoyens prêtent main forte aux secours. Cette cohésion entre les institutions, les services de sécurité et les habitants constitue une force essentielle dans la lutte contre les incendies.Les citoyens et les bénévoles ont également apporté leur soutien en fournissant de l’eau fraîche, de la nourriture et même des médicaments.

L’Algérie traverse, une nouvelle fois, un été marqué par la menace persistante des feux de forêt. Les départs d’incendie se multiplient, nourris par la sécheresse, la chaleur accablante et parfois des imprudences humaines. Ce nouvel épisode dramatique souligne l’impérieuse nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, de surveillance et d’intervention sur l’ensemble du territoire.

Les autorités appellent la population à une vigilance de tous les instants. Il est crucial d’éviter tout geste à risque, comme les feux en plein air ou les mégots jetés au sol. Chaque signalement de fumée suspecte peut permettre une intervention rapide et éviter un drame. La mobilisation citoyenne est aujourd’hui un maillon essentiel dans la lutte contre ces catastrophes qui menacent vies humaines, biodiversité et patrimoine forestier.

Alors que les incendies ravagent plusieurs régions du pays, « Ma Santé, Ma Vie » alerte sur les risques graves que font peser la chaleur extrême et la fumée sur la santé humaine, les écosystèmes, la faune et la flore. Dans ce contexte critique, des gestes simples peuvent sauver des vies.

  • Santé humaine : des effets souvent sous-estimés

Les vagues de chaleur, accentuées par les incendies, peuvent provoquer des coupures thermiques, des malaises, des troubles de la conscience ou des dysfonctionnements cardiaques. Le corps peine à réguler sa température, ce qui peut entraîner un coup de chaleur, une urgence médicale absolue.

Les personnes âgées, les jeunes enfants, les malades chroniques ou encore les travailleurs exposés (agriculteurs, pompiers, agents forestiers) sont les plus touchés. Une simple déshydratation peut rapidement se compliquer en l’absence de prise en charge rapide.

  • Fumée toxique : l’ennemi invisible

La fumée dégagée par les incendies est chargée de particules fines (PM2.5), de monoxyde de carbone, de benzène et d’autres substances cancérigènes. Respirer cet air pollué peut entraîner des irritations des yeux et des voies respiratoires, des crises d’asthme, voire des insuffisances respiratoires chez les personnes fragiles.

Même à distance des flammes, l’exposition à une fumée persistante augmente les risques de maladies pulmonaires, notamment chez les fumeurs, les enfants ou les personnes souffrant de bronchite chronique.

  • Faune et flore : des pertes irréversibles

Les incendies ne brûlent pas que des arbres. Ils anéantissent des habitats, déciment des espèces protégées, détruisent des nids, des terriers, des zones humides essentielles à l’équilibre écologique. Certains animaux périssent sur place ; d’autres, fuyant les flammes, meurent de stress ou de faim.

Côté végétation, certaines espèces endémiques ou rares, parfois centenaires, ne repousseront pas. Les incendies laissent derrière eux des sols stériles, plus vulnérables à l’érosion et à la désertification.

Face aux vagues de chaleur et aux incendies de plus en plus fréquents, la plateforme ‘’Ma Santé, Ma Vie’’ tient à rappeler l’importance d’adopter des comportements préventifs rigoureux pour préserver sa santé et celle des autres. En effet, l’exposition à une chaleur extrême ou à de fortes concentrations de fumée peut provoquer des conséquences graves : déshydratation, insolation, troubles respiratoires, voire des urgences vitales chez les personnes les plus fragiles.

  • Se protéger de la chaleur : des mesures vitales :

 Lors des pics de température, il est vivement recommandé de limiter les sorties à l’extérieur, notamment aux heures les plus chaudes (entre 11h et 17h). La chaleur intense peut provoquer un coup de chaleur, qui se manifeste par une peau sèche, des maux de tête, des nausées, voire une perte de connaissance.

Pour l’éviter :

  • Hydratez-vous régulièrement, même en l’absence de soif, car la sensation de soif peut diminuer avec l’âge ou à cause de certains médicaments.
  • Restez dans des espaces climatisés ou bien ventilés, en évitant les efforts physiques prolongés.
  • Portez des vêtements amples et clairs, et couvrez-vous la tête à l’extérieur.
  • Mouillez votre corps régulièrement, notamment le visage, la nuque et les bras.
  • Se protéger de la fumée : un enjeu respiratoire majeur

L’inhalation de fumée d’incendie expose à des substances toxiques : particules fines, monoxyde de carbone, hydrocarbures. Ces polluants peuvent irriter les voies respiratoires, aggraver des pathologies chroniques (asthme, BPCO), voire provoquer des œdèmes pulmonaires.Pour limiter ces risques :

  • Fermez les fenêtres et les portes, et calfeutrez les ouvertures avec des linges humides pour empêcher la fumée d’entrer.
  • Évitez d’aérer, même brièvement, tant que l’air extérieur est chargé de fumée.
  • Portez un masque FFP2 lors des déplacements en extérieur dans les zones touchées. Ce type de masque filtre jusqu’à 94 % des particules fines.
  • Évitez de fumer ou d’utiliser des produits chimiques en intérieur, pour ne pas ajouter d’autres sources de pollution.
  • Protéger les plus vulnérables

Les personnes âgées, les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques sont les plus à risque. Il est essentiel :

  • De prendre de leurs nouvelles régulièrement.
  • De les accompagner dans des lieux climatisés ou sécurisés.
  • De signaler toute situation de détresse ou de malaise aux services de secours.

La chaleur extrême et la pollution par la fumée ne sont pas des désagréments passagers, mais de véritables menaces pour la santé publique. C’est pourquoi chaque geste compte. La vigilance collective, les bons réflexes individuels et l’entraide sont nos meilleures armes pour traverser ces épisodes climatiques extrêmes.

  • Protéger, c’est prévenir

Chaque geste compte. Respecter les consignes, éviter les comportements à risque (feux, barbecues, jets de cigarette, bouteilles en verre, canettes, déchets, …) et signaler les départs de feu peut faire la différence.

La santé de tous dépend aussi de notre vigilance collective. Préservons nos vies, notre environnement et notre avenir.

Mots clés : feu ; forêt ; incendie ; Djaafra ; Bordj Bou Arreridj ; santé ; environnement ; faune ; flore ;

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