L’Algérie a engagé, ces dernières années, une stratégie nationale globale de prévention et de lutte contre le cancer, qui commence à produire des résultats tangibles. Cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre des orientations du président de la République visant à garantir au citoyen un accès équitable à des soins de qualité et à renforcer durablement le système national de santé.
Une gouvernance dédiée pour un enjeu majeur de santé publique
Point central de cette stratégie, la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, installée le 4 février 2024, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, joue un rôle de pilotage et de coordination. Elle veille à l’application d’une approche structurée, fondée sur la prévention, le dépistage et le diagnostic précoces, l’amélioration du parcours du patient, ainsi que sur le renforcement de la formation médicale et de la recherche scientifique.
L’objectif est clair : réduire l’incidence des cancers, améliorer les chances de survie et limiter les complications liées aux diagnostics tardifs.
Une charge de morbidité élevée, des réponses renforcées
Selon le président de la Commission nationale, le Pr Adda Bounedjar, l’Algérie enregistre plus de 55 000 nouveaux cas de cancer chaque année. Une réalité qui a conduit les autorités sanitaires à intensifier leurs efforts pour faire face à cette pathologie complexe et multifactorielle.
« Le cancer est aujourd’hui un défi sanitaire majeur qui nécessite une mobilisation permanente et une vision à long terme », souligne le Pr Bounedjar.
Le diagnostic précoce, levier central de la stratégie
Le diagnostic précoce demeure l’un des piliers fondamentaux de la lutte anticancer. Grâce aux actions engagées, l’Algérie est parvenue à diagnostiquer près de 50 % des cancers dès le premier stade, un taux appelé à atteindre 60 % à l’horizon 2030, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’OMS rappelle que l’efficacité d’un programme de lutte contre le cancer repose sur trois éléments clés :
- la détection précoce,
- la réduction des délais de prise en charge,
- et la concertation pluridisciplinaire, avec l’examen de chaque cas par au moins trois médecins spécialistes.
Des progrès notables pour le cancer du sein
Les avancées sont particulièrement significatives dans le domaine du cancer du sein. Le taux de diagnostic à un stade avancé, qui atteignait 40 % en 2000, est aujourd’hui tombé à 18 %. Une évolution positive que les autorités ambitionnent de poursuivre, avec pour objectif de descendre en dessous de 10 %.
Autre indicateur encourageant : l’âge moyen de survenue est passé de 47 à 52 ans, traduisant une amélioration du dépistage et de la prise en charge.
La prévention, premier rempart contre la maladie
La stratégie nationale accorde une place centrale à la prévention primaire, considérée comme le moyen le plus efficace de réduire l’apparition des cancers. Elle repose notamment sur :
- la lutte contre le tabagisme,
- la prévention de l’obésité,
- la promotion de l’activité physique régulière,
- l’adoption d’une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et fibres,
et la vaccination contre les cancers d’origine virale, notamment ceux liés au papillomavirus humain (HPV), responsable du cancer du col de l’utérus.
Dans ce cadre, le Pr Bounedjar a annoncé que l’Algérie se prépare au lancement d’une campagne de vaccination ciblée contre certains types de cancers, une mesure dont l’efficacité est largement démontrée à l’échelle internationale.
Un parcours de soins mieux structuré
L’amélioration du parcours du patient constitue un autre axe majeur de la stratégie. Les pouvoirs publics s’emploient à :
- renforcer la sensibilisation au dépistage,
- garantir un protocole thérapeutique clair et harmonisé,
- assurer la disponibilité des médicaments anticancéreux,
- développer la chirurgie oncologique et la radiothérapie,
- et intégrer les soins palliatifs comme composante essentielle de la prise en charge globale.
Formation et recherche, moteurs de progrès
Enfin, la stratégie nationale mise sur le renforcement de la formation médicale spécialisée et le développement de la recherche scientifique en oncologie. Ces leviers sont indispensables pour améliorer la qualité des soins, intégrer les innovations thérapeutiques et adapter les protocoles aux réalités épidémiologiques nationales.
Recommandations médicales aux citoyens
Les spécialistes rappellent que chacun peut agir à son niveau pour réduire son risque de cancer :
- arrêter de fumer ou ne jamais commencer,
- pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique par semaine,
- maintenir un poids de forme,
- limiter la consommation d’alcool et d’aliments ultra-transformés,
- participer régulièrement aux programmes de dépistage,
- consulter sans tarder en cas de symptômes inhabituels,
- et suivre les recommandations vaccinales.
La lutte contre le cancer repose ainsi sur une responsabilité partagée, associant institutions, professionnels de santé et citoyens, dans une dynamique nationale tournée vers la prévention, l’anticipation et la qualité des soins.
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