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FOFO : quand la peur de savoir freine le dépistage et met la santé en danger

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
18 janvier 2026

Une nouvelle peur qui progresse : la “fear of finding out”

Après la FOMO — cette crainte de manquer une information ou une opportunité — une autre anxiété gagne du terrain : la FOFO, pour fear of finding out. Il ne s’agit plus de manquer quelque chose, mais de découvrir quelque chose que l’on redoute, souvent une maladie. Cette peur pousse de plus en plus de personnes à éviter les consultations médicales, à repousser un dépistage ou à ignorer des symptômes persistants.

La FOFO peut apparaître seule, ou s’intégrer dans un ensemble de troubles déjà connus :

  • TOC, avec une vérification compulsive d’informations médicales.
  • Hypocondrie, où la peur d’être malade domine le quotidien.
  • Iatrophobie, une peur intense des actes médicaux ou des examens.

Pour certains, la FOFO est le résultat d’une mauvaise expérience passée : un diagnostic brutal, un examen douloureux, un rendez-vous mal vécu. Pour d’autres, elle repose sur le besoin de tout contrôler. Le risque médical devient alors une zone d’incertitude insupportable.

Certains patients vont même jusqu’à consulter compulsivement Google ou des chatbots médicaux, tout en évitant paradoxalement les vrais médecins. Un paradoxe typique de la FOFO.

Les données récentes montrent l’ampleur du phénomène. Un sondage américain révèle que 60 % des adultes évitent les examens médicaux, par peur d’un diagnostic grave ou par gêne.

En Algérie, les spécialistes signalent la même tendance : en sénologie, la première barrière au dépistage du cancer du sein est la peur.

Mais avoir peur d’une maladie n’empêche pas qu’elle survienne. Éviter les dépistages entraîne un retard de diagnostic, une prise en charge plus tardive et une perte de chance de guérison. En santé publique, ce retard constitue un enjeu majeur.

Les psychologues décrivent un mécanisme d’anticipation négative :

  • Le patient imagine le pire scénario.
  • Il surestime la gravité potentielle du diagnostic.
  • Il sous-estime sa capacité à faire face si la maladie est confirmée.

Ce biais entraîne une évitement actif, parfois durable, qui éloigne la personne du système de soins.

1. Réévaluer objectivement la situation

Les spécialistes recommandent de comparer les scénarios :

  • Qu’arrive-t-il si je vais me faire dépister ?
  • Qu’arrive-t-il si je ne fais rien ?
  • Dans la quasi-totalité des cas, le bénéfice du dépistage l’emporte largement.

2. Élaborer un plan pour gérer l’attente

L’angoisse vient souvent du délai entre l’examen et les résultats. Il peut être utile de :

  • programmer un moment agréable juste après l’examen ;
  • organiser son emploi du temps pour éviter la rumination ;
  • regrouper plusieurs examens sur la même période pour réduire la durée du stress.

3. Ne pas aller seul au rendez-vous

Être accompagné par un proche :

  • diminue l’anxiété ;
  • aide à reformuler les informations du médecin ;
  • encourage à maintenir les rendez-vous.

4. S’appuyer sur des sources fiables

Éviter les recherches excessives en ligne, souvent anxiogènes.

Privilégier :

  • les professionnels de santé ;
  • les sites institutionnels ;
  • les lignes d’écoute médicales.

5. Consulter un psychologue si la peur devient envahissante

Une thérapie brève, notamment les TCC (thérapies cognitivo-comportementales), peut aider à :

  • rompre le cercle de l’évitement ;
  • normaliser la relation aux soins ;
  • réduire l’anxiété anticipatoire.

Comprendre la FOFO est déjà un premier pas vers la prévention.

Mots clés : FOMO ; FOFO ; peur ; santé ; thérapie ; soins ; maladie ;

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