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Les additifs alimentaires, conflit industrie-santé

Edité par : ALLALIA Asma | Conseillère en nutrition /  Nutritionniste
6 juillet 2024

Vous, chères lectrices et chers lecteurs, prenez un instant pour saisir le produit alimentaire le plus proche de vous et examinez attentivement la liste d’ingrédients sur l’emballage. Remarquez-vous des abréviations et des numéros souvent complexes à décoder ? Ce sont les mystérieux additifs alimentaires présents dans ce produit. Ces composants intrigants soulèvent des interrogations sur leur impact sur notre santé, ouvrant ainsi le débat entre l’industrie alimentaire et les professionnels de la santé.

Les additifs alimentaires sont des substances naturelles ou synthétiques ajoutées intentionnellement aux aliments dans le but d’en améliorer les caractéristiques organoleptiques (telles que la saveur, la texture et l’aspect visuel), de prolonger leur durée de conservation ou de faciliter leur transformation et leur préparation.

En fait, ils existent depuis longtemps. Autrefois, nos ancêtres employaient le sel et le sucre pour conserver leur nourriture de la saison d’abondance à la saison de pénurie, des extraits de plantes pour colorer leurs mets et des épices pour leur donner un arôme plaisant.

Avec l’avènement de l’industrialisation, le mode de vie et les habitudes alimentaires ont subi des transformations significatives. Pour répondre aux demandes croissantes des consommateurs, il y avait une seule solution : « innover » afin de vendre un produit le meilleur possible, qui plaise le plus possible, au prix le plus bas possible, avec la plus grande marge bénéficiaire possible. Autant de critères et d’exigences de production qui finalement, ont contraint les industriels à recourir massivement aux additifs alimentaires  -chimiquement synthétisés dans la plus part du temps-.

De leur côté, les experts de la santé expriment des réserves quant à l’incorporation de ces substances dans notre alimentation quotidienne. Leur principal argument repose sur le fait que certaines de ces substances se sont révélées être des perturbateurs hormonaux chez les animaux de laboratoire, soulevant ainsi des inquiétudes particulières concernant les effets indésirables potentiels sur les fœtus, les nourrissons, les enfants et les adolescents allant de l’hyperactivité, de manque de concentration, des allergies jusqu’au cancers.

Prenons l’exemple de la tartrazine, un colorant synthétique jaune présent dans les boissons, connue sous la dénomination  E102, et le rouge de cochenille E124 employé dans les glaces, les yaourts aromatisés, et les confitures, qui ont été identifiés comme des additifs  déclenchant l’allergie, l’urticaire et la rhinite tant chez l’adulte que chez l’enfant.

Le E250, ou nitrite de sodium, un conservateur largement utilisé dans les viandes transformées, en particulier les charcuteries, dont le potentiel cancérogène a été démontré.

D’autres additifs, tels que l’exhausteur de goût E621, ou glutamate monosodique, peuvent favoriser une dépendance et, à des doses élevées, provoquer une neurotoxicité pouvant contribuer au développement de maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

A noter que plusieurs additifs, interdits en Europe et aux États-Unis en raison de leurs effets néfastes, restent toujours utilisés en Algérie, soulignant ainsi l’importance d’avoir une culture et une connaissance approfondies sur ce sujet.

 Les risques pour la santé peuvent survenir à la suite d’une consommation régulière et prolongée d’additifs alimentaires, ou lorsque les quantités consommées dépassent la dose journalière admissible (dose journalière tolérée par le corps et considérée comme non toxique). Cependant, il est regrettable de constater que la dose journalière admissible est souvent ignorée par les consommateurs, qui s’appuient de plus en plus sur des produits industrialisés pour leur alimentation quotidienne.

En Algérie, l’usage des additifs alimentaires est autorisé par le ministère du commerce à condition que les seuils maximum ne soient pas dépassés par le fabricant. De plus, la réglementation exige de mentionner de manière claire et précise les additifs utilisés sur l’étiquetage des produits. Cette disposition rend le consommateur « le seul maître de ses choix alimentaires », d’où l’importance cruciale d’une éthique professionnelle rigoureuse de la part des producteurs qui doit éviter toute fraude ou abus, et d’un niveau de connaissance accru en matière de consommation pour les consommateurs.

Voilà comment notre assiette et son contenu se sont transformés pour le plus grand bien d’une industrie florissante et d’une clientèle toujours plus nombreuse. Les additifs alimentaires ont donc leur raison d’être. Nous, les consommateurs -premiers responsables de notre santé- devons donc savoir gérer notre alimentation, et ce en lisant bien les étiquettes et bannir tous ce qui est dangereux,   en choisissant -si nécessaire- des produits contenant le moins nombre d’additifs, en mangeant le plus possible « bio », et en assurant le plus possible nous-mêmes la préparation de nos aliments : c’est plus  sur, plus naturel, et plus savoureux.

Par : ALLALIA Asma ; Conseillère en nutrition /  Nutritionniste

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