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Pieds froids en hiver : comprendre le phénomène et adopter les bons réflexes

Edité par : Dre. Wioletta Julia Puzio | Docteure en médecine
22 janvier 2026

Même dans une maison chauffée, certaines personnes ont constamment les pieds froids. Cette sensation, fréquente en période hivernale, n’est pas toujours anodine. Si elle est le plus souvent bénigne, elle peut parfois révéler un trouble de la circulation ou une pathologie sous-jacente. Bonne nouvelle : dans la majorité des cas, des mesures simples et bien ciblées suffisent à retrouver un confort thermique durable.

Les pieds font partie des extrémités du corps. Lorsqu’il fait froid, l’organisme privilégie naturellement la protection des organes vitaux (cœur, cerveau, poumons). Le sang est alors redistribué vers le centre du corps, au détriment des mains et des pieds.

Résultat : une sensation de froid, parfois accompagnée d’engourdissement.

Selon des spécialistes en médecine vasculaire, « avoir froid aux pieds est normal en hiver, mais ce n’est pas systématiquement lié à la température extérieure ». Plusieurs facteurs peuvent intervenir simultanément.

Il n’est pas rare de ressentir une sensation de froid aux pieds alors que la température intérieure est confortable, autour de 20 à 21 °C. Cette impression s’explique souvent par des éléments environnementaux ou comportementaux.

Les sols froids, comme le carrelage ou un parquet mal isolé, peuvent faire chuter localement la température ressentie de plusieurs degrés. Une humidité excessive dans le logement accentue également la perte de chaleur. La station assise prolongée, fréquente en télétravail, ralentit la circulation sanguine. Enfin, des chaussettes ou chaussons peu isolants, trop fins ou synthétiques, peuvent être insuffisants.

Chez certaines personnes, une circulation sanguine plus lente joue aussi un rôle. Des pathologies comme l’hypothyroïdie ou le phénomène de Raynaud peuvent expliquer des pieds froids persistants. Le stress, le tabagisme, la minceur excessive ou certains troubles circulatoires favorisent également la vasoconstriction.

Si les pieds restent froids même avec des chaussettes, le choix des matières est souvent en cause. Les fibres naturelles thermorégulatrices, comme la laine mérinos ou la soie, sont à privilégier. Elles isolent efficacement sans comprimer le pied et permettent une meilleure gestion de l’humidité.

Les personnes souffrant du phénomène de Raynaud doivent éviter de rester pieds nus, même à domicile. Les chaussons doivent être suffisamment épais, dotés d’une semelle isolante, et laisser de l’espace aux orteils. Les modèles trop serrés, ouverts ou synthétiques limitent la circulation sanguine et aggravent la sensation de froid.

Un tapis épais placé sous le bureau ou la table peut également réduire le contact direct avec le sol froid.

Lorsque les pieds sont froids et engourdis, la circulation est souvent ralentie. Des gestes simples peuvent améliorer la situation.

Il est conseillé de bouger régulièrement : rotations de chevilles, mobilisation des orteils, courtes marches toutes les heures. Les massages des pieds, en fin de journée, stimulent l’afflux sanguin et procurent une sensation de chaleur rapide.

Pour un effet immédiat, un bain de pieds tiède, autour de 37 à 38 °C pendant une dizaine de minutes, favorise la vasodilatation. Certaines huiles essentielles peuvent être ajoutées, comme le thym à thujanol, après dilution et en l’absence de contre-indications.

Bien couvrir le tronc est essentiel. Si le thorax et l’abdomen sont insuffisamment protégés, le corps privilégie les organes vitaux au détriment des pieds.

Boire chaud, consommer des plats tièdes et utiliser une bouillotte (sans contact direct prolongé avec la peau) participent également au réchauffement global.

La nuit, la température corporelle baisse naturellement. Le sang est redistribué vers les organes vitaux, laissant les extrémités plus froides. L’immobilité prolongée et la transpiration nocturne accentuent parfois cette sensation.

Pour limiter ce refroidissement, il est recommandé de bien isoler le lit, d’éviter les courants d’air et de choisir une couette adaptée à la saison. Surélever légèrement les jambes peut améliorer le retour veineux chez les personnes à circulation lente.

Anticiper est la meilleure stratégie : réchauffer le lit avec une bouillotte ou prendre un bain de pieds tiède avant le coucher aide à maintenir une chaleur durable.

Contrairement aux idées reçues, dormir avec des chaussettes n’est pas toujours bénéfique. Chez les personnes sujettes à la transpiration, l’humidité accentue le refroidissement. Si nécessaire, il vaut mieux opter pour des chaussettes amples, respirantes, en fibres naturelles, et les retirer en cours de nuit.

La température idéale de la chambre se situe entre 18 et 19 °C. Un excès de chauffage nuit au sommeil et perturbe la thermorégulation.

En extérieur, le froid est inévitable, mais l’équipement fait toute la différence. Les chaussures doivent laisser suffisamment d’espace aux orteils. Une chaussure trop étroite empêche la circulation et favorise le refroidissement.

Les semelles isolantes en laine ou en feutre limitent les pertes de chaleur par le sol. Mieux vaut superposer deux paires fines que porter une seule paire trop épaisse et compressive. En cas de froid intense, les chaufferettes peuvent apporter un confort ponctuel.

Protéger le tronc, porter un bonnet, des gants et un pantalon chaud permet au corps de mieux irriguer les extrémités. L’immobilité est l’ennemie numéro un : bouger régulièrement reste le moyen le plus efficace de lutter contre le froid.

Des pieds froids persistants, surtout lorsqu’ils surviennent en environnement chaud, doivent alerter. Une consultation est recommandée si les pieds changent de couleur (blanc, bleu, violet), un signe évocateur d’un trouble vasculaire comme la maladie de Raynaud.

D’autres symptômes nécessitent un avis médical :

  • douleurs,
  • fourmillements,
  • engourdissements prolongés,
  • plaies qui cicatrisent mal,
  • fatigue inhabituelle,
  • frilosité généralisée
  • ou prise de poids inexpliquée.

Plus rarement, des atteintes cutanées ou articulaires peuvent orienter vers des maladies auto-immunes.

L’objectif est alors d’identifier une cause vasculaire, hormonale ou neurologique et d’adapter la prise en charge.

Mots clés : santé ; pieds froid ; vasculaire ; neurologique ; hormonal ;

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