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‘’ Super grippe’’ : faut-il vraiment craindre le variant K ?

Edité par : Dr. Imad BOUARISSA | Docteur en médecine
30 décembre 2025

L’épidémie de grippe est particulièrement intense cette saison. Au Royaume-Uni, les hôpitaux subissent une pression inhabituelle, tandis que dans plusieurs pays, les services d’urgences sont fortement sollicités, notamment dans les grandes agglomérations. Face à cette situation, les spécialistes multiplient les alertes à destination des personnes les plus fragiles. Le message est sans équivoque : le virus circule très activement.

À l’origine de cette inquiétude croissante, une souche du virus de la grippe, identifiée sous le nom de ‘’sous-clade K’’, apparue durant l’été dans l’hémisphère Sud et désormais dominante dans plusieurs pays. Certains parlent déjà de « super grippe ». Le terme est spectaculaire. Mais est-il justifié ?

La particularité de cette saison grippale tient à sa précocité et à sa rapidité de propagation. Habituellement, le pic est observé en plein hiver. Cette année, la dynamique s’est accélérée dès l’automne

En Grande-Bretagne, les autorités sanitaires évoquent une vague d’ampleur inhabituelle. Les admissions hospitalières augmentent, notamment chez les personnes âgées et les patients souffrant de maladies chroniques. En France, plusieurs indicateurs vont dans le même sens : forte circulation virale, consultations en hausse, tension sur les structures de soins.

Le virus de la grippe n’est pas un agent unique et stable. Il évolue en permanence.

On distingue quatre types de virus grippaux : A, B, C et D.

Seuls les types A et B sont responsables des épidémies saisonnières humaines.

Les virus de type A, les plus surveillés, sont classés en sous-types selon deux protéines de surface :

  • l’hémagglutinine (H),
  • la neuraminidase (N).

Ces protéines permettent au virus d’entrer dans les cellules et de se propager. Elles mutent régulièrement. On parle alors de dérive antigénique.

Le sous-clade K correspond à une variation génétique récente d’un virus grippal de type A. Cette variation modifie légèrement la structure de l’hémagglutinine, ce qui pourrait réduire la reconnaissance du virus par le système immunitaire, notamment chez les personnes déjà exposées à des souches plus anciennes.

Initialement détecté dans l’hémisphère Sud, le sous-clade K s’est progressivement imposé dans plusieurs régions, notamment au Royaume-Uni. Sa présence est désormais confirmée dans différents pays européens.

Cependant, sa diffusion n’est pas homogène. Toutes les régions ne sont pas touchées avec la même intensité. Les systèmes de surveillance virologique continuent de suivre son évolution en temps réel.

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que ce variant provoque une grippe plus sévère en soi.

Les symptômes restent ceux d’une grippe classique :

  • fièvre élevée,
  • fatigue intense,
  • courbatures,
  • maux de tête,
  • toux, parfois persistante.

En revanche, la forte contagiosité du virus entraîne un nombre élevé de cas en peu de temps. Ce phénomène suffit à saturer les hôpitaux, même sans augmentation majeure de la gravité individuelle.

Les formes sévères concernent principalement :

  • les personnes âgées,
  • les patients atteints de maladies cardiovasculaires, respiratoires ou métaboliques,
  • les femmes enceintes,
  • les personnes immunodéprimées.

C’est la question centrale. Le vaccin contre la grippe est conçu chaque année à partir des souches jugées les plus probables par l’Organisation mondiale de la santé. Lorsque le virus évolue rapidement, une adéquation imparfaite peut apparaître.

Dans le cas du sous-clade K, les données disponibles suggèrent que le vaccin pourrait offrir une protection partielle. Moins efficace contre l’infection, mais toujours utile pour réduire le risque de formes graves, d’hospitalisation et de décès.

Les autorités sanitaires sont unanimes : la vaccination reste fortement recommandée, en particulier chez les personnes à risque.

Le terme ne repose pas sur une définition scientifique. Il reflète surtout :

  • l’intensité de la vague,
  • la rapidité de propagation,
  • la pression exercée sur les systèmes de soins.

Autrement dit, ce n’est pas un virus ‘’surpuissant’’, mais une conjonction défavorable : variant récent, immunité collective imparfaite, saison précoce et relâchement des gestes barrières.

Face à cette situation, plusieurs mesures simples restent déterminantes :

1. Se faire vacciner, même tardivement. Le bénéfice existe tout au long de la saison.

2. Protéger les personnes fragiles : limiter les contacts en cas de symptômes.

3. Adopter les gestes barrières en période de forte circulation virale : lavage des mains, aération, port du masque dans les lieux bondés si l’on est vulnérable.

4. Consulter rapidement en cas de symptômes sévères ou inhabituels, notamment chez les sujets à risque.

5. Éviter l’automédication inadaptée, en particulier les antibiotiques, inefficaces contre les virus.

La réponse est non. Mais il faut rester vigilant. La grippe n’est jamais une maladie anodine. Chaque année, elle entraîne des milliers d’hospitalisations et de décès. Le sous-clade K ne change pas fondamentalement cette réalité, mais il rappelle une évidence souvent sous-estimée : la grippe reste un enjeu majeur de santé publique.

Information, prévention et responsabilité collective demeurent les meilleurs remparts.

Mots clés : grippe ; vaccin ; sous-clade K ;

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