Le ministre de la Santé, M. Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a reçu lundi à Alger l’ambassadeur du Royaume de Belgique, M. Jean-Jacques Quairiat, pour un entretien consacré au renforcement et à l’élargissement de la coopération bilatérale dans le domaine de la santé. La rencontre, tenue en présence de cadres de l’administration centrale, s’inscrit dans une dynamique de partenariat axée sur l’expertise médicale, la formation et le développement des systèmes de soins.
Les deux parties ont salué la solidité des relations historiques entre l’Algérie et la Belgique, fondées sur le respect mutuel et des intérêts convergents. Le ministre a rappelé, à cette occasion, les positions de solidarité adoptées par la Belgique durant la Révolution de libération nationale, ainsi que son soutien au droit du peuple algérien à l’autodétermination. Un rappel qui s’inscrit dans un contexte de coopération actuelle marquée par une volonté partagée de consolider les échanges scientifiques et institutionnels.
La chirurgie cardiaque, un axe prioritaire de coopération médicale
Au cœur des discussions figurait l’élargissement de la coopération à des spécialités médicales de pointe, notamment la chirurgie cardiaque, avec un accent particulier sur la chirurgie cardiaque pédiatrique. Ce domaine représente un enjeu majeur de santé publique, compte tenu de la prévalence des cardiopathies congénitales et de la nécessité d’une prise en charge précoce, spécialisée et hautement technique.
Le ministre a exposé la stratégie algérienne en matière de prise en charge des pathologies cardiovasculaires chez l’enfant, soulignant l’importance de la coopération internationale pour renforcer les capacités nationales. L’objectif est d’améliorer l’accès à des soins spécialisés, de réduire le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger et d’optimiser les résultats cliniques grâce au transfert de compétences et de technologies médicales avancées.
Dans ce cadre, l’expertise européenne, et plus particulièrement belge, est perçue comme un levier essentiel pour le développement de protocoles de soins conformes aux standards internationaux, ainsi que pour la formation pratique des équipes médicales.
Former, structurer, moderniser : les piliers du système de santé
M. Aït Messaoudene a également présenté la vision stratégique de l’Algérie en matière d’organisation hospitalière. Celle-ci repose sur la création de centres hospitaliers de référence, conçus comme de véritables pôles de santé multidisciplinaires, capables d’assurer des soins spécialisés, la formation médicale et la recherche clinique.
Cette approche, conforme aux orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, vise à renforcer l’efficience du système de santé, à améliorer la qualité des soins et à répondre aux besoins croissants de la population. Le ministre a insisté sur le rôle central de la formation continue des personnels médicaux et paramédicaux, considérée comme un facteur clé d’amélioration de la sécurité des soins, de l’innovation thérapeutique et de l’adaptation aux évolutions scientifiques.
Vers une coopération institutionnelle structurée
De son côté, l’ambassadeur de Belgique a mis l’accent sur l’importance d’une coopération institutionnelle durable. Il a notamment évoqué le lancement de projets de jumelage entre des établissements belges et des institutions algériennes de référence, telles que l’Institut national de santé publique (INSP) et l’École nationale de management et de l’administration de la santé (ENMAS).
Ces partenariats visent à favoriser l’échange d’expertise en épidémiologie, en santé publique, en gouvernance hospitalière et en management des systèmes de santé. Ils pourraient également contribuer à l’amélioration des capacités de planification, d’évaluation des politiques sanitaires et de gestion des crises sanitaires.
Une commission mixte en perspective
Les échanges ont enfin porté sur la possibilité de conclure un accord de coopération en vue de la création d’une commission mixte algéro-belge en 2026. Les deux parties ont estimé que les conditions étaient réunies pour instaurer un cadre structuré, permettant de coordonner les projets, de suivre leur mise en œuvre et d’en évaluer l’impact.
Au terme de la rencontre, il a été convenu de désigner des points focaux chargés de préparer les prochaines étapes de cette coopération, à travers des réunions en présentiel ou en visioconférence. Ces travaux devraient aboutir à la signature d’un mémorandum d’entente, destiné à consolider un partenariat durable dans le domaine de la santé, fondé sur le partage de savoir-faire, la formation et l’innovation médicale.
Mots clés : santé ; Algérie ; Belgique ; INSP ; ENMAS ; cardiaque ;
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