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Ozempic : une influenceuse hospitalisée après une utilisation sans suivi médical

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
8 février 2026

Au Chili, une influenceuse a récemment été hospitalisée après avoir développé une complication grave liée à l’utilisation d’Ozempic. Le médicament, pris sans indication médicale, aurait déclenché chez elle une pancréatite aiguë, une inflammation sévère du pancréas pouvant nécessiter une prise en charge urgente.

Un traitement populaire, mais loin d’être anodin

Ce cas rappelle une réalité souvent sous-estimée : aucun médicament n’est sans risque, surtout lorsqu’il est utilisé sans avis ni suivi médical.

Les traitements injectables contre l’obésité, comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, connaissent aujourd’hui une popularité mondiale. Présentés comme des solutions rapides pour maigrir, ils sont parfois utilisés en dehors de toute prescription. Pourtant, ces médicaments sont destinés en priorité aux personnes souffrant d’obésité ou de surpoids associé à des maladies comme le diabète ou l’hypertension.

L’influenceuse chilienne Pao Pinto Barbieri a partagé son expérience sur les réseaux sociaux après avoir été admise en urgence à l’hôpital. Elle explique avoir développé une pancréatite aiguë, une complication connue mais peu fréquente des traitements à base de sémaglutide, un analogue du GLP-1.

Cette molécule agit en régulant l’appétit et la glycémie. Elle est initialement indiquée pour le traitement du diabète de type 2, avant d’être utilisée, sous contrôle médical, dans la prise en charge de l’obésité.

Dans son témoignage, la jeune femme a décrit une situation brutale. Elle évoque des douleurs importantes ayant nécessité une hospitalisation immédiate.

À travers ses vidéos, l’influenceuse a voulu transformer son expérience en message d’alerte. Elle insiste sur les dangers d’un usage non encadré.

Elle reconnaît avoir sous-estimé les risques. Elle explique s’être crue à l’abri des complications. Elle appelle désormais son public à consulter un médecin avant toute prise de médicament destiné à la perte de poids.

Son message est clair : prendre un traitement ne se résume pas à une injection. Cela nécessite une évaluation médicale, un suivi et une surveillance des effets secondaires.

De nombreux spécialistes s’inquiètent aujourd’hui de la banalisation des injections d’agonistes du GLP-1. Leur popularité sur les réseaux sociaux contribue à leur image de solution simple et rapide pour maigrir.

Or, ces médicaments agissent profondément sur le métabolisme. Leur utilisation doit être encadrée par un professionnel de santé.

L’Agence britannique de réglementation des médicaments et produits de santé (MHRA) a récemment rappelé que la pancréatite aiguë constitue un risque rare mais réel. Elle recommande une information claire des patients avant toute prescription.

Certains signes doivent alerter et conduire à consulter en urgence :

  • Douleurs intenses au niveau de l’abdomen
  • Douleurs irradiant vers le dos
  • Sensation persistante, non soulagée par les antidouleurs
  • Nausées et vomissements
  • Fièvre ou malaise général

Ces symptômes peuvent apparaître soudainement et s’aggraver rapidement.

L’histoire de cette hospitalisation souligne plusieurs principes fondamentaux de santé publique :

1. Consulter avant toute prise de médicament : Même les traitements largement médiatisés ne doivent jamais être utilisés sans prescription.

2. Respecter les indications médicales : Les agonistes du GLP-1 sont destinés à des profils précis de patients. Leur utilisation esthétique ou récréative augmente les risques.

3. Assurer un suivi régulier : Un médecin doit évaluer l’efficacité, ajuster les doses et surveiller les effets secondaires.

4. Informer sur ses antécédents : Les personnes ayant des antécédents digestifs ou pancréatiques doivent être particulièrement prudentes.

5. Privilégier une approche globale de la perte de poids : Alimentation équilibrée, activité physique progressive et accompagnement médical restent les bases d’une prise en charge durable.

L’expérience de Pao Pinto Barbieri agit comme un signal d’alerte. Elle met en lumière les dangers d’une automédication motivée par la pression esthétique et l’influence des réseaux sociaux.

Les traitements modernes contre l’obésité peuvent être efficaces. Mais ils ne sont ni anodins, ni universels. Leur utilisation exige un cadre médical strict, une information claire et une vigilance constante.

Mots-clés : Ozempic, sémaglutide, pancréatite aiguë, perte de poids, injections antiobésité, risques médicaux, GLP-1, hospitalisation, prévention

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