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«La réglementation relative aux compléments alimentaires est encore à ses balbutiements en Algérie»

Edité par : Ourida Ait Ali | Journaliste
22 octobre 2022
Dr Walid Messaoud, directeur général du laboratoire Phyteance à «ma Santé ma Vie»

Un complément alimentaire est défini par le Larousse médical comme un concentré de nutriments ayant un effet nutritionnel venant en ajout, cas d’une carence nutritionnelle. La distribution de ces produits est encadrée par un dispositif législatif. En France, la loi HPST du 21 juillet 2009, découlant des règlements européens, prévoit un système de surveillance idoine dans le cadre de la nutrivigilance.

En Algérie, le 15 février 2022, le ministère du Commerce a annoncé l’interdiction à la vente de 20 compléments alimentaires, eu égard à la présence de composants chimiques signalés en violation de la loi du 25 février 2009 relative à la protection des consommateurs.

Aussi, la question de la consommation de compléments alimentaires doit faire l’objet de nutrivigilance, surtout face aux publicités alléchantes qui peuvent être trompeuses, comme des promesses d’antivieillissement, minceur, guérison du diabète… pouvant nuire à la santé de la population, d’autant qu’ils peuvent contenir des substances illicites. Ainsi, toute consommation de ces produits doit se faire préalablement sur prescription d’un professionnel de la santé. Le Dr Walid Messaoud, pharmacien et directeur général du laboratoire Phyteance, rencontré à la 5e édition du Salon Pharmex, tenu du 19 au 21 octobre 2022 à Oran, nous apporte quelques précisions sur ces produits.

«ma Santé ma Vie» : Quelles sont vos impressions sur la tenue de la 5e édition du Salon Pharmex tenu à Oran ?

Dr Walid Messaoud : Le salon est toujours une réussite, j’ai participé depuis la première édition et d’année en année on remarque une amélioration. Ceci est très intéressant car on est en contact avec nos confrères producteurs ou bien des pharmaciens d’officine, lesquels sont nos premiers partenaires dans la distribution de nos produits. Ceci dit, le Salon Pharmex est un rendez-vous incontournable en matière d’événement dans le domaine de la pharmacie à l’ouest du pays.

Pouvez-vous nous préciser la raison de votre présence au Salon Pharmex ?

Une double raison à ma présence, je viens à l’instar des autres confrères exposer mes nouveaux produits pour les médecins et pharmaciens d’officine, d’une part, et en tant que consultant, je viens animer des conférences sur les bienfaits des compléments alimentaires pour les adultes, et particulièrement pour les enfants, eu égard au fait que ces produits sont des facteurs de croissance ; ce dernier élément je l’ai, du reste, présenté lors de la troisième journée du salon.

S’agissant des deux premières journées, il m’a été donné l’occasion de remettre les choses à plat et apporter des éclaircissements sur les tenants et les aboutissants des compléments alimentaires, et ce, de manière objective et sur une base scientifique.

Ainsi, à travers des communications, il a été apprécié la nature réelle de ces produits, ce à quoi ils sont utiles, sans exagération aucune ou mythification quelconque.

Ainsi, par ailleurs, nous travaillons au sein de l’ANPHA pour faire un état des lieux sur les compléments alimentaires en Algérie, sur les lacunes à corriger, les allégations de santé dans un but de communication. Il faut dire qu’en Algérie, on n’a pas encore les discours scientifiques bien établis sur tout ce qui concerne les compléments alimentaires.

La prise des compléments alimentaire est-elle soumise à une prescription médicale ?

Il importe de savoir que les compléments alimentaires, comme leur nom l’indique, sont une supplémentation alimentaire, dès lors, point besoin d’une prescription médicale, néanmoins, un conseil médical ou du pharmacien est nécessaire pour connaître le produit idoine par rapport au besoin. Est-ce un problème digestif, articulaire, trouble du sommeil, manque d’appétit… que l’on veut soigner lorsqu’il n’y a pas lieu de recourir nécessairement à une molécule, à partir du moment où un traitement naturel suffit ?

Qu’en est-il de la réglementation relative à la distribution de ces produits, dès lors que d’aucuns s’érigent en conseillers et en distributeurs sur le marché ?

Bien sûr, tout produit est régi par des procédures relatives à sa traçabilité, sauf que dans les cas de compléments alimentaires, la réglementation y afférente est encore à ses balbutiements en Algérie. Aussi, dans le cadre de l’ANPHA, dont je viens d’être élu président du bureau d’Oran, notre objectif est d’œuvrer à donner une formulation scientifique à ces produits que seuls, alors, les professionnels de la santé seront habilités à prescrire et à conseiller, d’autant que cela me peine de voir à la télévision comment on parle de ces compléments alimentaires avec désinvolture.

Pour l’heure, y a-t-il dans le cursus en médecine ou en pharmacie des modules de phytothérapie ou de nutrithérapie ?

Dans le cursus médical, il n’y en a pas mais en pharmacie si. On a quelques modules en rapport avec la phytothérapie, comme la pharmacognosie, la biologie végétale, la botanique médicale. D’ailleurs, je suis également formateur dans le domaine de la phytothérapie et la nutrithérapie et de mes connaissances j’en fais profiter les médecins qui s’y intéressent.

Quid à l’utilisation anarchique des plantes ?

 Partant, il faut dire que la phytothérapie est une pratique qui remonte à la nuit des temps, c’est dire son intérêt. Néanmoins, l’utilisation de ces produits, encore une fois, doit se faire avec circonspection et après avis d’un professionnel de la santé pour éviter tout incident fâcheux.

D’ailleurs, on a vu des problèmes dans les services de toxicologie liés à l’utilisation anarchique de ces plantes, c’est pour cela qu’il faut former les médecins à la prescription de ces produits qui sont vendus en forme de gélules.

Notre objectif est de reprendre cette phytothérapie et la remettre dans son cadre idéal, et seul un professionnel de santé est habilité à conseiller le patient quant à l’utilisation de ces produits, d’autant plus que la demande est là.

O.A.A