Une Bonne Santé pour une Vie Meilleure

La dose parfaite de temps libre pour être heureux révélée par la science

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
31 décembre 2025

Prendre du temps pour soi est devenu indispensable dans des journées souvent saturées. Ces moments de pause permettent de réduire le stress, de préserver la santé mentale et d’améliorer la qualité de vie. Mais à partir de quand le temps libre cesse-t-il d’être bénéfique ? Une étude publiée dans l’American Psychological Association apporte enfin une réponse claire : il existe un seuil optimal, au-delà duquel le bien-être commence paradoxalement à diminuer.

Les chercheurs ont analysé la relation entre liberté temporelle, bien-être et productivité subjective. L’hypothèse initiale était simple : plus on a de temps libre, plus on est heureux. Mais les résultats montrent une réalité plus nuancée.

De grandes analyses ont été menées :

1. 22 000 Américains étudiés :

  • Le bonheur augmente en même temps que le temps libre…
  • … jusqu’à environ cinq heures par jour.
  • Au-delà, le niveau de satisfaction commence à baisser.

2. 14 000 travailleurs suivis de 1992 à 2008 :

    Même tendance : la satisfaction grimpe avec la liberté, puis chute après plusieurs heures inoccupées.

3. 6 000 internautes interrogés :

    Ceux disposant de sept heures de temps libre se déclaraient

  • moins productifs,
  • moins heureux,
  • plus stressés
  • que ceux bénéficiant d’environ 3 h 30 par jour.

Ces résultats confirment l’existence d’une zone de bien-être optimal, où le temps libre est suffisant pour se ressourcer, mais pas assez abondant pour générer lassitude, perte de sens ou impression d’inutilité.

L’être humain a besoin de pauses, mais aussi d’une structure, d’un rythme, et du sentiment d’avancer vers quelque chose. Lorsqu’une trop grande partie de la journée est vide, deux effets apparaissent :

  • Baisse de la motivation : absence d’objectifs, inertie mentale.
  • Diminution du sentiment d’utilité : impression de ne contribuer à rien.
  • Surcharge cognitive paradoxale : trop de choix possibles, difficulté à organiser sa journée.
  • Perte de lien social si les activités utiles ou collectives diminuent.

Ce mécanisme est souvent observé après une perte d’emploi ou chez certains jeunes retraités.

« Disposer de journées entières libres à remplir comme on veut peut générer un certain mal-être. Il est préférable de viser un temps libre modéré, utilisé de manière intentionnelle », explique Marissa Sharif, chercheuse à la Wharton School et auteure principale de l’étude.

Selon elle, les personnes avec beaucoup de temps disponible devraient le remplir d’activités utiles, structurantes ou gratifiantes : bénévolat, projets créatifs, apprentissage, engagement associatif.

Pour optimiser le bien-être :

1. Visez entre 3 et 5 heures de temps libre par jour

Ce créneau semble offrir le meilleur équilibre entre repos et stimulation.

2. Planifiez un temps libre “actif”

Des activités légères mais structurantes renforcent le sentiment de satisfaction :

  • marche,
  • lecture,
  • cuisine,
  • arts,
  • apprentissage,
  • jardinage.

3. Incluez des activités sociales

Le lien social est un levier majeur du bien-être mental.

4. Protégez des moments 100 % déconnectés

Routines sans écrans pour réduire la surcharge mentale :

  • 10 à 30 minutes de silence,
  • respiration,
  • étirements
  • ou contemplation.

5. Évitez les journées complètement vides

Elles favorisent la rumination et la baisse d’énergie. Ajoutez au moins une activité “qui fait sens”.

6. En cas de fatigue importante : privilégiez le repos

Les médecins en santé mentale recommandent de respecter les signaux d’épuisement :

  • sommeil suffisant,
  • pauses régulières,
  • attention aux symptômes persistants de stress ou d’anxiété.

Le bonheur ne vient ni du manque de temps libre, ni de son excès. La véritable source d’équilibre semble résider dans un temps libre mesuré, suffisamment long pour se ressourcer mais assez bref pour maintenir dynamisme, sens et motivation.

Le seuil idéal identifié par l’étude ? Entre 3 et 5 heures par jour. Un repère simple, mais qui change profondément notre manière de penser le repos.

Mots clés : repos ; bonheur ; santé ; dynamique ; motivation ; anxiété ; sommeil ;

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