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Kouidri rappelle la volonté africaine de développer une industrie pharmaceutique solide et durable

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
27 novembre 2025

Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé jeudi que l’Algérie représente « un modèle à suivre en Afrique et dans le monde » dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. Cette déclaration, diffusée dans un message vidéo, a marqué l’ouverture de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale des médicaments, organisée au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal (Alger).

M. Ghebreyesus a souligné que l’Algérie est parvenue à couvrir plus de 80 % de ses besoins en médicaments grâce à un réseau composé de plus de 230 entreprises pharmaceutiques. Il a salué cette performance, qualifiant l’expérience algérienne de « pionnière » et estimant qu’elle constitue un exemple dont d’autres pays africains devraient s’inspirer.

La réussite algérienne, selon lui, confirme la pertinence d’une stratégie fondée sur la production locale, essentielle pour :

  • renforcer la préparation et la réponse aux épidémies,
  • progresser vers la couverture sanitaire universelle,
  • lutter contre la résistance aux antimicrobiens,
  • et garantir un accès équitable aux médicaments, vaccins et outils de diagnostic.

Le DG de l’OMS a rappelé que les États membres négocient actuellement le système PABS (Pathogen Access and Benefit-Sharing), un mécanisme d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages. L’objectif est d’assurer une distribution équitable des produits médicaux lors de futures pandémies. Dans ce cadre, la production locale devient un levier central.

Il a également mis en avant les efforts de l’OMS pour accompagner les pays africains dans :

  • le développement de leur industrie pharmaceutique,
  • le renforcement de leurs agences de régulation,
  • et l’opérationnalisation de l’Agence africaine du médicament (AMA), appelée à jouer un rôle structurant à l’échelle du continent.

Il a précisé que le Comité régional de l’OMS pour l’Afrique constituera le cadre stratégique de développement de la production locale au cours de la prochaine décennie.

Pour le Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed YakubJanabi, l’Algérie s’impose aujourd’hui comme « le symbole d’une nouvelle ère de souveraineté sanitaire ».

Il a relevé l’urgence de renforcer l’autonomie pharmaceutique des pays africains, rappelant que le continent importe encore :

  • entre 70 % et 90 % des produits pharmaceutiques finis,
  • 99 % des vaccins,
  • et l’essentiel de ses principes actifs.

Selon lui, la dépendance externe constitue un risque majeur pour la sécurité sanitaire et l’indépendance économique du continent.

Le Directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Africa), Jean Kaseya, a également salué les avancées algériennes.

Il a rendu hommage aux efforts du président Abdelmadjid Tebboune, notamment la création d’un ministère de l’Industrie pharmaceutique, qui a permis de faire passer la production locale de 40 % à 82 % en quelques années.

Ce progrès rapide, selon lui, illustre la capacité de l’Algérie à structurer un secteur stratégique et à devenir un acteur central dans l’architecture sanitaire africaine.

La Directrice générale de l’Agence africaine du médicament (AMA), Delese Mimi Darko, a pour sa part insisté sur la nécessité d’harmoniser les standards réglementaires au sein du continent.

Selon elle, la montée en puissance de la production locale, notamment pour les produits biologiques et les technologies complexes, nécessite :

  • des cadres réglementaires unifiés,
  • des systèmes d’évaluation fiables,
  • et une coopération renforcée entre les agences nationales.

Elle a salué le soutien constant de l’Algérie à l’AMA, et a mis en avant l’exemple algérien comme une référence pour construire un système de santé régional solide et moins dépendant des importations.

Kouidri : « La Conférence d’Alger ouvre de nouvelles perspectives pour l’industrie pharmaceutique africaine »

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a affirmé jeudi à Alger que les conclusions de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale des médicaments devraient confirmer la volonté des pays participants de bâtir des mécanismes efficaces pour développer une industrie pharmaceutique solide et durable sur le continent.

La conférence, organisée du 27 au 29 novembre sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est le fruit d’une coordination entre les ministères de l’Industrie pharmaceutique et de la Santé, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Elle se tient sous le thème : « Une industrie pharmaceutique locale pour une Afrique intégrée et forte ».

L’ouverture des travaux a rassemblé :

  • des membres du gouvernement,
  • des représentants d’institutions nationales et internationales,
  • des délégations diplomatiques africaines,
  • ainsi que des ministres et experts de plus de 15 pays.

Dans son discours d’ouverture, M. Kouidri a insisté sur l’importance de ce rendez-vous dans le renforcement de la coopération interafricaine.

La future Déclaration d’Alger, qui sanctionnera les travaux, devra proposer des mécanismes concrets pour :

  • développer la production locale,
  • faciliter l’échange d’expertises,
  • encourager le transfert de technologies,
  • et consolider la souveraineté sanitaire du continent.

Le ministre a rappelé que l’Afrique produit actuellement 5 % de ses médicaments et vise à atteindre 55 % d’ici 2035, une échéance qui coïncidera avec une population africaine représentant un quart de la population mondiale.

Pour accélérer cette transformation, M. Kouidri a appelé à mobiliser les jeunes talents créatifs, à investir dans la formation et à faire de la recherche et développement une priorité, afin de suivre le rythme des innovations mondiales.

Le ministre a mis en avant l’évolution du secteur pharmaceutique algérien, qui a connu un tournant majeur depuis 2020 grâce à la création du ministère de l’Industrie pharmaceutique.

Cette décision du président Tebboune a permis :

  • une restructuration du secteur,
  • l’adoption de normes de qualité plus strictes,
  • un accompagnement renforcé des investisseurs,
  • et l’émergence d’une industrie en capacité d’assurer la souveraineté sanitaire nationale.

Il a rappelé que l’industrie pharmaceutique fait partie des secteurs auxquels l’État accorde une priorité stratégique en tant que créateur de richesse et de valeur ajoutée.

Interrogé par la presse en marge de la cérémonie, M. Kouidri a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à accompagner les pays africains dans le développement de leurs industries pharmaceutiques.

Fort de son expérience et de ses capacités, le pays parvient aujourd’hui à couvrir 82 % de ses besoins en médicaments par la production locale.

Mots clés : santé ; médicaments ; Algérie ; Afrique ; OMS ;

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