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Jeux vidéo : au-delà de combien d’heures par semaine la santé commence-t-elle à en pâtir ?

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
22 janvier 2026

Les jeux vidéo font désormais partie intégrante du quotidien de millions de personnes. En Algérie, leur pratique atteint des niveaux records. Mais à partir de quel seuil le temps passé à jouer devient-il problématique pour la santé ? Une étude australienne apporte un éclairage précis sur cette question.

De plus en plus de de personnes jouent régulièrement aux jeux vidéo. Cette popularité soulève toutefois des interrogations croissantes sur les effets d’un usage intensif, notamment chez les jeunes adultes.

Si jouer occasionnellement ne pose pas de problème particulier, un usage excessif peut, en revanche, avoir des conséquences sur la santé. Reste à déterminer à partir de quel volume horaire ces effets apparaissent.

C’est précisément l’objectif d’une étude menée par l’Université Curtin, en Australie, et publiée dans la revue scientifique Nutrition. Les chercheurs se sont intéressés à l’impact du temps passé à jouer aux jeux vidéo sur l’alimentation, le sommeil et le poids corporel.

L’étude a été réalisée auprès de 317 étudiants, issus de cinq universités australiennes, avec un âge médian de 20 ans. Les participants ont été répartis en trois catégories selon leur temps de jeu hebdomadaire :

  • Joueurs occasionnels : 0 à 5 heures par semaine
  • Joueurs réguliers : 5 à 10 heures par semaine
  • Joueurs intensifs : plus de 10 heures par semaine

Cette classification a permis d’analyser précisément les différences de comportements et d’indicateurs de santé entre les groupes.

Les résultats sont sans appel. La santé des participants commence à se détériorer de manière significative lorsque le temps de jeu dépasse 10 heures par semaine.

« Ce qui a frappé, c’est que les étudiants jouant jusqu’à 10 heures par semaine se ressemblaient beaucoup en termes d’alimentation, de sommeil et de poids corporel. Les véritables différences sont apparues chez ceux qui jouaient plus de 10 heures par semaine », explique le Pr Mario Siervo, de l’École de santé publique Curtin.

Les joueurs intensifs présentent un indice de masse corporelle (IMC) médian de 26,3 kg/m², un niveau correspondant au surpoids. À titre de comparaison :

  • Joueurs occasionnels : IMC médian de 22,2 kg/m²
  • Joueurs réguliers : IMC médian de 22,8 kg/m²

Autrement dit, le surpoids apparaît essentiellement chez les joueurs dépassant le seuil des 10 heures hebdomadaires.

L’étude met également en évidence une dégradation progressive de la qualité de l’alimentation avec l’augmentation du temps de jeu.

« Chaque heure supplémentaire de jeu par semaine était associée à une baisse de la qualité de l’alimentation », précise le Pr Siervo. Cette association persiste même après ajustement pour d’autres facteurs comme le stress, l’activité physique ou le mode de vie global.

Enfin, les joueurs les plus intensifs ont rapporté davantage de problèmes de sommeil. Difficultés d’endormissement, sommeil écourté ou non réparateur semblent plus fréquents chez ceux qui passent de longues heures devant les écrans, notamment en soirée.

  • Les jeux vidéo sont largement pratiqués et font partie du quotidien de nombreux jeunes.
  • Jusqu’à 10 heures par semaine, aucun impact majeur n’a été observé sur la santé.
  • Au-delà de 10 heures hebdomadaires, des effets négatifs apparaissent :
  • prise de poids,
  • alimentation de moins bonne qualité,
  • troubles du sommeil.

Ces résultats ne condamnent pas les jeux vidéo en eux-mêmes, mais soulignent l’importance d’un usage modéré, intégré dans un mode de vie équilibré incluant activité physique, alimentation saine et sommeil suffisant.

Mots-clés : jeux vidéo ; santé ; jeunes ; sommeil ; alimentation ; IMC ; usage ; excessif ; prévention ;

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