Le ‘’complexe’’ hospitalier al-Shifa, le plus grand de Gaza, incarne l’effondrement dramatique du système de santé palestinien. Conçu pour 700 patients, il en héberge aujourd’hui plusieurs milliers, dont nombre de déplacés. Sous les bombardements, ses salles sont saturées et ses médecins travaillent dans des conditions extrêmes.
Fosse commune à al-Shifa : un hôpital au bord de l’effondrement
Face à la surmortalité et à l’absence de morgues fonctionnelles, onze corps non identifiés ont été enterrés à la hâte dans une fosse commune creusée dans la cour de l’hôpital. « C’est une image que nous n’oublierons jamais », confie un soignant. « Nous n’avons plus de sacs mortuaires ni de chambres froides », témoigne un médecin. « Pour éviter la propagation des épidémies, nous avons dû enterrer nos patients immédiatement. »
Les patients les plus vulnérables sont les plus menacés. Les dialysés rénaux ne peuvent plus suivre leurs séances régulières, faute de filtres et d’électricité. Les services de néonatologie fonctionnent sur des générateurs précaires, mettant en péril la vie des bébés prématurés. « Chaque coupure de courant peut coûter une vie », alerte Médecins Sans Frontières (MSF).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) parle d’une « situation critique » : plus de 60 % des hôpitaux de Gaza ne sont plus fonctionnels, faute de carburant, de médicaments et de matériel chirurgical. « Gaza est en train de devenir une zone où les soins de santé sont pratiquement impossibles », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Camps de réfugiés visés : la fuite impossible
Dans les camps de Nuseirat et de Bureij, trois civils ont été tués dans des frappes distinctes, selon l’agence palestinienne Wafa. Ces attaques visent une population déjà contrainte de fuir à plusieurs reprises.
Mais aucun endroit n’est sûr. Le CICR souligne que « des familles déplacées se retrouvent à fuir pour la troisième ou quatrième fois, sans rien emporter ».
Familles piégées entre mer et hiver
À Al-Nuseirat, des milliers de réfugiés survivent dans des tentes improvisées au bord de la mer. L’absence d’eau potable et de sanitaires fait craindre une catastrophe sanitaire. « Les conditions de vie sont catastrophiques », décrivent des journalistes.
« Je ne sais pas comment nous allons survivre à l’hiver », confie un habitant, installé sous une tente avec sa famille. « La pluie risque de nous inonder, le vent d’arracher notre abri. Je n’ai plus de mots pour rassurer mes enfants ».
L’UNRWA, principale agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, alerte sur « une famine imminente ». Selon ses estimations, un enfant sur deux souffre déjà de malnutrition aiguë dans certaines zones du nord de Gaza. « Le manque d’eau potable et d’hygiène pourrait entraîner des épidémies de choléra et de dysenterie », avertit Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA.
Chiffres de la crise humanitaire à Gaza
- Plus de 66 000 Palestiniens tués depuis le début de la guerre (source : ministère de la Santé de Gaza).
- 60 % des hôpitaux de l’enclave hors service (OMS).
- 1,9 million de déplacés sur une population de 2,3 millions (ONU).
- 1 enfant sur 2 souffre de malnutrition aiguë dans certaines zones (UNRWA).
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