Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a présidé une réunion consacrée à la dernière phase de généralisation de la numérisation dans les établissements de santé. Au cœur des discussions : l’activation effective du dossier médical électronique et le respect d’une échéance fixée au 15 novembre 2026.

La transformation numérique du système de santé entre dans une phase décisive en Algérie. Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a réuni lundi, au siège de son département, les principaux responsables du secteur afin d’évaluer l’état d’avancement de la généralisation de la numérisation dans les établissements de santé.
La rencontre s’est déroulée en présence de cadres de l’administration centrale, de directeurs généraux des centres hospitalo-universitaires (CHU) et des établissements publics hospitaliers (EPH), ainsi que des directeurs de la santé et de la population, qui ont participé par visioconférence.
L’objectif était clairement défini : accélérer le déploiement opérationnel des outils numériques et, surtout, assurer l’activation du système du dossier médical électronique dans l’ensemble des structures concernées.
La numérisation devient une priorité stratégique
Pour le ministre, le passage au numérique ne relève plus d’une simple modernisation administrative. Il constitue désormais un levier essentiel de transformation du système de santé.
Mohamed Seddik Ait Messaoudene a ainsi insisté sur le fait que la numérisation est devenue une « nécessité impérieuse » et un pilier de l’amélioration de la performance des établissements sanitaires.
L’enjeu dépasse donc la seule informatisation des services. Il s’agit de moderniser les pratiques, de fluidifier la circulation de l’information médicale et d’améliorer la qualité des prestations proposées aux citoyens.
Le dossier médical électronique occupe, dans cette transformation, une place centrale. Sa généralisation doit permettre de mieux organiser les données de santé et de faciliter leur disponibilité au sein des structures habilitées, tout en renforçant la continuité de la prise en charge.
Des établissements déjà en avance
Le ministre a salué les établissements ayant pris l’initiative d’activer le système électronique dans leurs différents services.
Ces expériences sont considérées par le ministère comme des modèles susceptibles d’être reproduits ailleurs. L’objectif est désormais de capitaliser sur les solutions déjà expérimentées sur le terrain afin d’accélérer le déploiement national.
Les établissements qui n’ont pas encore achevé leur transition sont appelés à s’inspirer de ces expériences et à bénéficier du retour d’expertise des structures déjà opérationnelles.
Le ministère entend ainsi favoriser une dynamique de coopération plutôt qu’une progression isolée établissement par établissement.
Le 15 novembre 2026 comme date butoir
Le message adressé aux responsables des établissements se veut particulièrement clair : la phase actuelle doit être celle de la mise en œuvre concrète.
Le ministre a rappelé que les délais ont été arrêtés avec précision. Tous les établissements concernés doivent achever l’activation du système de numérisation au plus tard le 15 novembre 2026.
Cette échéance est présentée comme une date butoir qui ne devra faire l’objet ni de report ni de prorogation.
L’administration sanitaire est donc appelée à passer rapidement de la planification à l’exécution, avec un suivi régulier de chaque étape.
Un responsable dédié dans chaque établissement
Pour assurer un pilotage plus rigoureux, le ministre a demandé la désignation, dans chaque établissement de santé, d’un responsable permanent chargé du dossier de la numérisation.
Cette personne devra constituer le point de contact direct entre l’établissement et les services centraux du ministère. Elle aura également pour mission de suivre l’évolution du projet et de transmettre des rapports hebdomadaires détaillant le niveau d’avancement.
Cette organisation doit permettre d’identifier rapidement les difficultés techniques, logistiques ou organisationnelles et d’y apporter des réponses sans attendre.
Des feuilles de route adaptées à chaque structure
Chaque établissement devra également élaborer une feuille de route précise et contraignante.
Celle-ci devra détailler les différentes étapes nécessaires à la mise en œuvre complète du système, depuis la mobilisation des équipements et des ressources jusqu’à l’activation effective des outils numériques dans les services.
Le ministère demande ainsi aux responsables locaux de disposer d’un calendrier opérationnel permettant de mesurer concrètement les progrès réalisés.
Des moyens supplémentaires mobilisés
Le déploiement de la numérisation s’accompagne d’un soutien budgétaire supplémentaire destiné au secteur de la santé.
Selon le ministère, ces ressources doivent contribuer à financer les moyens nécessaires à la réalisation du projet et à renforcer les capacités techniques, matérielles et humaines des établissements.
Le ministre a rappelé que l’État avait mis en place les facilitations nécessaires pour permettre au secteur d’avancer dans cette transformation.
L’objectif est désormais de veiller à ce que ces moyens soient effectivement mobilisés et utilisés pour lever les éventuels obstacles à la mise en œuvre.
Les établissements déjà numérisés appelés à accompagner les autres
Le ministère souhaite également renforcer la solidarité entre les structures sanitaires.
Les établissements ayant déjà finalisé l’activation du système sont invités à accompagner ceux qui accusent encore un retard. Cet appui doit notamment passer par le partage d’expérience, l’assistance technique et la transmission des bonnes pratiques.
Cette approche vise à éviter que les difficultés rencontrées par certaines structures ne ralentissent l’ensemble du processus national.
La coopération entre établissements doit ainsi devenir un accélérateur de la transformation numérique.
Le dialogue social également à l’ordre du jour
La réunion a également porté sur les conditions de travail des personnels de santé à l’occasion de la rentrée sociale.
Le ministre a donné des instructions visant à renforcer le dialogue et la concertation avec les partenaires sociaux. Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts en faveur de l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs du secteur.
La coordination entre les différents acteurs demeure, selon lui, indispensable pour améliorer les performances des établissements et garantir un fonctionnement plus efficace du système de santé.
Hommage aux professionnels mobilisés lors des incendies
En clôture de la rencontre, Mohamed Seddik Ait Messaoudene a adressé ses remerciements et sa reconnaissance à l’ensemble des professionnels de la santé.
Il a particulièrement salué la mobilisation des médecins, des personnels paramédicaux, des agents administratifs et des autres travailleurs du secteur lors des incendies qui ont récemment touché plusieurs wilayas du pays.
Cet hommage intervient alors que les équipes sanitaires ont été mobilisées dans des situations d’urgence nécessitant réactivité, coordination et continuité des soins.
Une transformation qui entre dans sa phase décisive
Avec l’échéance du 15 novembre 2026, la généralisation de la numérisation du secteur de la santé entre désormais dans une période déterminante.
Au-delà de l’installation des équipements et des logiciels, le véritable défi sera leur utilisation effective au quotidien. La réussite du projet dépendra donc autant des infrastructures que de la formation des personnels, de l’accompagnement des établissements et de la sécurisation des données médicales.
Le dossier médical électronique pourrait ainsi constituer l’un des principaux leviers de modernisation du système de santé algérien, à condition que son déploiement s’accompagne d’une gouvernance rigoureuse, d’une interopérabilité entre les structures et d’une protection élevée des informations de santé.
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