Depuis plus de deux ans et demi, la guerre au Soudan a contraint des centaines de milliers de civils à fuir les combats et à se réfugier dans des camps de fortune à Tawila, à une soixantaine de kilomètres d’el-Fasher, capitale du Darfour du Nord. Dans ces conditions de promiscuité extrême, de malnutrition et d’hygiène défaillante, une épidémie de choléra, surnommée la ‘’maladie des mains sales’’, s’est rapidement installée. Selon l’ONU, près de 7 500 cas ont été signalés à ce jour, et le chiffre est en constante augmentation.
La ‘’maladie des mains sales’’ :Une crise sanitaire explosive
Des victimes fragiles et vulnérables
Parmi les victimes, Alnour, un garçon de 7 ans, représente la vulnérabilité extrême des enfants dans ces contextes humanitaires. Épuisé par la fièvre, les vomissements et la diarrhée, il a été amené à l’unité de traitement du choléra mise en place par l’ONG médicale Alima (The Alliance for International Medical Action). Sa grand-mère, impuissante face à l’état de fatigue de l’enfant, agite un foulard pour tenter de le soulager. Le diagnostic du Dr Ahmed est sans appel : choléra sévère.
Le choléra : comprendre la maladie
Le choléra est une infection intestinale aiguë causée par la bactérie Vibriocholerae, qui se transmet principalement par l’eau et les aliments contaminés. La maladie se caractérise par une diarrhée aqueuse massive, pouvant provoquer une déshydratation sévère et, si elle n’est pas traitée rapidement, un décès en quelques heures. Les enfants, les personnes âgées et les individus malnutris sont particulièrement à risque.
Les symptômes incluent :
- diarrhée abondante et liquide,
- vomissements répétés,
- fièvre modérée,
- faiblesse extrême, parfois confusion.
Les conditions qui favorisent la propagation
Dans les camps de Tawila, l’accès limité à l’eau potable et aux installations sanitaires, combiné à la promiscuité et à la malnutrition, crée un environnement idéal pour la propagation rapide de la bactérie. La promiscuité augmente le contact interhumain et le partage involontaire d’eau et de nourriture contaminée, accélérant l’épidémie.
Réponse médicale et recommandations
Les unités de traitement du choléra, comme celles installées par Alima, sont essentielles pour réhydrater les patients, souvent via des solutions de réhydratation orale (SRO) ou, dans les cas graves, par perfusion intraveineuse.
Les recommandations médicales pour limiter la mortalité et la propagation sont les suivantes :
- Hydratation immédiate et continue pour tous les malades, avec surveillance des signes de déshydratation sévère.
- Isolement des patients infectés pour éviter la transmission à d’autres réfugiés.
- Assainissement de l’eau et des aliments, avec distribution de chlore ou d’eau potable sécurisée.
- Hygiène des mains, utilisation de savons et gels désinfectants lorsque possible.
- Vaccination préventive contre le choléra dans les zones à risque élevé, comme recommandé par l’OMS.
Une urgence humanitaire majeure
Avec 570 000 réfugiés installés dans des abris précaires, la situation sanitaire à Tawila est critique. Les bruits des bombardements résonnent au loin, rappelant que la sécurité reste fragile. Le choléra, combiné à la malnutrition et au stress des conflits, expose les populations à une triple menace, médicale, sociale et psychologique.
Le choléra dans les camps de réfugiés du Darfour est une urgence humanitaire majeure. Chaque enfant, chaque adulte infecté nécessite une prise en charge rapide et spécialisée. La mobilisation des ONG, le renforcement des infrastructures sanitaires et l’éducation à l’hygiène sont indispensables pour limiter les pertes humaines et prévenir une propagation catastrophique.
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