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Comité national d’éthique de la santé : une avancée majeure pour une médecine plus responsable..

Edité par : Chabane BOUAARISSA | Journaliste
18 juin 2025

Le ministre de la Santé, AbdelhakSaihi, a procédé mardi à l’installation officielle du Comité national d’éthique de la santé, une instance consultative stratégique chargée d’encadrer la recherche biomédicale, de veiller au respect des principes éthiques dans les pratiques médicales et d’accompagner les évolutions technologiques dans le domaine de la santé.

À l’heure où la médecine évolue rapidement sous l’effet des avancées scientifiques, technologiques et génétiques, la question éthique devient centrale. Le ministre a insisté sur la nécessité de disposer d’un organe national capable d’accompagner cette transformation, tout en garantissant l’intégrité, la sécurité et la dignité des patients.

L’installation de ce comité s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation du système de santé algérien, qui vise non seulement à améliorer la qualité des soins, mais aussi à renforcer la gouvernance éthique des pratiques médicales, particulièrement dans des domaines sensibles.

Le Comité aura pour principale mission d’évaluer les protocoles de recherche scientifique et médicale, en veillant à leur conformité avec les normes éthiques internationales et nationales. Il interviendra en amont des projets de recherche pour s’assurer du respect du consentement éclairé, de la protection des données personnelles, et de l’équilibre bénéfice/risque pour les participants.

Il contribuera également à consolider les repères éthiques dans les hôpitaux, les centres de soins et les laboratoires de recherche, afin d’accompagner les professionnels de santé dans la prise de décisions complexes, notamment dans des contextes critiques (soins palliatifs, greffes, accès aux traitements expérimentaux, etc.).

Les avancées dans les domaines de la transplantation d’organes, de tissus et de cellules, des essais cliniques sur des médicaments innovants, et des nouvelles techniques de biologie génétique ou reproductive posent des dilemmes inédits.

Le ministre a rappelé que ces pratiques, aussi prometteuses soient-elles, peuvent soulever des risques d’abus ou de dérives si elles ne sont pas strictement encadrées. D’où la nécessité d’un organe de veille, de conseil et de régulation éthique.

Le Comité ne se limitera pas à une mission technique. Il aura aussi un rôle de réflexion éthique approfondie sur les grandes questions de santé publique, en formulant des recommandations aux autorités centrales. Il participera à la mise en œuvre des mécanismes prévus par la loi sur la santé, en particulier en matière de recherche médicale, d’innovation et de droits des patients.

Il pourra être saisi pour donner un avis sur des cas particuliers ou sur des projets de réglementation relatifs aux biotechnologies, à la fin de vie, à la procréation médicalement assistée ou encore à l’intelligence artificielle appliquée à la médecine.

Pour la présidente du comité, le Pr Louisa Chachoua, spécialiste reconnue en bioéthique, cette instance devra affronter de nombreux défis. Elle a souligné que l’encadrement de la médecine moderne exige des compétences multidisciplinaires : médecins, chercheurs, juristes, philosophes, sociologues et représentants de la société civile devront y être associés.

Elle a indiqué que le comité se penchera en priorité sur la régulation des pratiques de transplantation, la surveillance des essais cliniques, ainsi que sur le développement de règles claires en matière d’éthique de la recherche, à la lumière des progrès technologiques et des standards internationaux.

Avec la mise en place de ce Comité national, l’Algérie renforce son arsenal de protection des patients, tout en soutenant une recherche médicale responsable et innovante. Cette instance contribuera aussi à améliorer la confiance entre le système de santé et les citoyens, en garantissant transparence, vigilance et respect des droits humains dans tous les actes de soin et de recherche.

C’est une étape majeure vers une médecine plus humaine, plus éthique et plus conforme aux attentes d’une société moderne et informée.

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