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Cancer : l’heure du traitement pourrait influencer la survie

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure en médecine
4 janvier 2026

Les traitements contre le cancer ont profondément évolué ces dernières années. En Algérie, les diagnostics sont posés plus tôt. Les stratégies thérapeutiques sont plus ciblées. La survie des patients s’est améliorée, y compris dans les formes avancées de la maladie.

Chimiothérapie optimisée. Thérapies ciblées. Immunothérapie. Ces approches modernes permettent de mieux attaquer les cellules cancéreuses tout en limitant les effets secondaires.

Une nouvelle étude suggère désormais qu’un facteur jusqu’ici peu pris en compte pourrait jouer un rôle clé : le moment de la journée auquel le traitement est administré.

Les résultats proviennent d’une étude publiée dans la revue scientifique Cancer. Les chercheurs ont analysé les données de 397 patients atteints d’un cancer du poumon à petites cellules, l’une des formes les plus agressives de cancer pulmonaire.

Tous les participants ont reçu, dès le début de leur prise en charge, une association de chimiothérapie et d’immunothérapie, devenue un standard thérapeutique dans cette pathologie.

Il s’agit d’une étude dite ‘’en vie réelle’’, fondée sur l’analyse de dossiers médicaux, et non d’un essai expérimental en laboratoire.

Les chercheurs ont comparé les résultats selon l’heure à laquelle les perfusions étaient réalisées.

Le constat est net :

  • les patients traités avant 15 heures vivaient plus longtemps.
  • Leur maladie progressait également plus tardivement.

Ce bénéfice de survie persistait même chez les patients dont le pronostic était défavorable au moment du diagnostic.

Pour les auteurs, ces données apportent des éléments solides suggérant qu’une administration plus précoce dans la journée pourrait améliorer l’efficacité de l’immunochimiothérapie.

Pourquoi l’heure du traitement ferait-elle une différence ?

Les scientifiques avancent une explication biologique bien connue : le rythme circadien, aussi appelé horloge biologique.

Ce rythme, calé sur un cycle d’environ 24 heures, régule de nombreux mécanismes essentiels :

  • sécrétion hormonale,
  • métabolisme,
  • réparation cellulaire,
  • fonctionnement du système immunitaire.

Or, l’activité immunitaire n’est pas constante au cours de la journée. Elle semble plus performante à certains moments, notamment le matin. Une immunité plus active pourrait permettre à l’organisme de mieux répondre aux traitements, en particulier à l’immunothérapie, dont l’efficacité dépend directement du système immunitaire du patient.

Cette étude s’inscrit dans un domaine de recherche en plein développement : la chronobiologie. De nombreux travaux ont déjà montré que :

  • l’efficacité de certains médicaments varie selon l’heure d’administration,
  • les effets indésirables peuvent être plus ou moins marqués selon le moment de la journée,
  • l’organisme ne réagit pas de la même façon le matin, l’après-midi ou la nuit.

En cancérologie, cette approche suscite un intérêt croissant, car elle pourrait permettre d’optimiser les traitements sans en modifier la dose, simplement en ajustant leur horaire.

Les chercheurs restent toutefois prudents. L’étude est rétrospective, ce qui signifie qu’elle repose sur l’analyse de données existantes. Ce type de méthodologie ne permet pas d’établir un lien de causalité formel.

Des essais cliniques prospectifs, spécifiquement conçus pour tester l’impact de l’horaire d’administration, seront nécessaires pour confirmer ces résultats.

Les auteurs soulignent néanmoins qu’il s’agit d’une piste simple, peu coûteuse et facilement applicable si son bénéfice est confirmé.

Pour les personnes actuellement sous traitement, aucun changement n’est recommandé.

Les horaires de chimiothérapie et d’immunothérapie sont définis en fonction :

  • du protocole médical,
  • de l’état de santé du patient,
  • de la tolérance au traitement,
  • de l’organisation des équipes soignantes.

La priorité absolue reste une prise en charge régulière, adaptée et bien coordonnée.

Toute modification doit impérativement être discutée avec l’équipe médicale.

Cette étude ouvre néanmoins une voie intéressante. Mieux intégrer le rythme biologique dans les stratégies thérapeutiques pourrait, à terme, améliorer l’efficacité des traitements, y compris dans des cancers de mauvais pronostic.

  • Sans alourdir les soins.
  • Sans ajouter de toxicité.
  • Simplement en respectant le temps biologique du corps.

En oncologie moderne, chaque détail compte. Et parfois, le bon moment pourrait faire partie du traitement.

Mots clés : cancer ; oncologie ; santé ; pronostic ; biologique ; soin ; Chimiothérapie ; Thérapies ; ciblées ; Immunothérapie ;

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