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Ukraine : une crise de santé mentale massive qui pourrait marquer plusieurs générations, alerte l’OMS

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
17 mai 2026

La crise de santé mentale en Ukraine s’intensifie avec la prolongation du conflit armé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avertit que ses conséquences psychologiques pourraient s’inscrire dans la durée et affecter plusieurs générations.

Selon l’agence onusienne, la situation reste critique plus de quatre ans après le début de la guerre déclenchée en février 2022 par l’invasion russe. Le poids du stress chronique, des traumatismes répétés et de l’insécurité permanente fragilise profondément la population ukrainienne.

Dès mars 2022, soit quelques semaines après le début du conflit, l’OMS estimait que près de 10 millions de personnes en Ukraine avaient besoin d’un soutien en santé mentale.

Cette estimation initiale traduisait déjà l’ampleur du choc psychologique collectif : déplacements massifs de population, pertes humaines, destruction des infrastructures et exposition continue aux violences de guerre.

Aujourd’hui, les besoins ont encore augmenté. L’OMS indique que les troubles psychologiques sont devenus largement répandus au sein de la population.

Selon les dernières données citées par l’organisation, environ 71 % des Ukrainiens présentent des symptômes d’anxiété, de stress ou d’insomnie.

Ces manifestations cliniques traduisent un état de tension psychique prolongée, souvent associé à :

  • des troubles anxieux persistants ;
  • des perturbations du sommeil ;
  • des épisodes dépressifs ;
  • une hypervigilance permanente ;
  • des troubles de stress post-traumatique.

Jarno Habicht, représentant de l’OMS en Ukraine, souligne que les conséquences ne se limitent pas au présent. Selon lui, l’impact de la guerre sur la santé mentale pourrait se prolonger bien au-delà de la fin du conflit.

Les spécialistes de santé publique parlent déjà d’une possible « empreinte traumatique collective », susceptible d’affecter :

  • les survivants directs du conflit ;
  • les enfants exposés aux violences ou aux déplacements ;
  • les familles endeuillées ;
  • les soignants et travailleurs humanitaires.

Ce type de traumatisme de masse est connu pour augmenter durablement le risque de troubles psychiatriques, notamment les états de stress post-traumatique, les troubles anxieux chroniques et les dépressions sévères.

La santé mentale est désormais considérée comme un pilier essentiel de la réponse humanitaire en Ukraine.

Les autorités sanitaires et l’OMS mettent en avant la nécessité de :

  • renforcer l’accès aux soins psychologiques ;
  • développer des programmes de soutien communautaire ;
  • former davantage de professionnels de santé mentale ;
  • intégrer le suivi psychologique dans les soins primaires ;
  • assurer une prise en charge précoce des traumatismes.

Les experts rappellent que sans intervention rapide et structurée, les conséquences pourraient se traduire par une augmentation durable des troubles psychiatriques dans la population.

Les spécialistes de santé mentale estiment que les effets des traumatismes de guerre ne s’arrêtent pas à une seule génération. Les enfants exposés à des environnements de violence chronique peuvent développer des vulnérabilités psychologiques durables.

Dans certains cas, ces troubles peuvent aussi influencer :

  • le développement émotionnel ;
  • les capacités cognitives ;
  • la stabilité sociale et familiale ;
  • le risque de troubles anxieux à l’âge adulte.

L’OMS insiste donc sur l’importance d’une approche globale, combinant soins médicaux, soutien psychosocial et politiques publiques de long terme.

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