Une injection unique pourrait transformer la phase de guérison du cœur après un infarctus du myocarde, selon des chercheurs ayant obtenu des résultats prometteurs chez l’animal.
L’infarctus : une urgence cardiovasculaire courante
En Algérie, près de 80 000 personnes subissent chaque année un infarctus du myocarde, communément appelé crise cardiaque. Lorsqu’une artère se bouche, une partie du muscle cardiaque meurt et se remplace par une cicatrice rigide. Cette cicatrice fragilise la pompe cardiaque et augmente le risque d’insuffisance cardiaque. Les traitements d’urgence limitent les dommages immédiats, mais ne préviennent pas toujours le déclin fonctionnel progressif du cœur.
Une nouvelle approche à base d’ARN
Publié le 5 mars 2026 dans Science, ce travail collaboratif des universités de Texas A and M University, Columbia University et University of Oxford décrit l’utilisation d’une injection unique d’ARN auto-amplificateur (saRNA) testée chez la souris et le porc.
« Il s’agit d’aider le cœur à exploiter ses propres mécanismes de réparation », explique le Dr Ke Huang, professeur adjoint à Texas A and M et co-auteur de l’étude. « Nous voulons proposer aux patients un traitement qui agit en harmonie avec le corps. Une seule injection pouvant soutenir le cœur pendant plusieurs semaines est extrêmement prometteuse. »
Cette thérapie repose sur l’hormone cardiaque ANP (peptide natriurétique auriculaire). « Après un infarctus, le cœur libère naturellement de l’ANP, mais en quantité insuffisante », précise Dr Huang. « Nous renforçons le système de défense naturel du cœur en stimulant sa production d’ANP durant la période critique de guérison. »
Du patch de micro-aiguilles à l’injection unique
L’équipe avait auparavant développé un patch de micro-aiguilles appliqué directement sur le cœur, qui a permis d’identifier la voie de signalisation NPR1 comme un acteur clé de la réparation cardiaque. L’ANP est le ligand naturel de NPR1, et la nouvelle étude explore comment son activation favorise la reconstruction du muscle cardiaque.
Le principe de l’injection : un saRNA encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, administré par voie intramusculaire, pour stimuler la production d’ANP. « Cette technologie permet de fournir exactement ce dont le corps a besoin, au moment où il en a besoin. Une seule dose suffit pour produire un effet durable, ce qui n’était pas possible avec les méthodes précédentes », souligne le chercheur.
Des résultats encourageants chez l’animal
Chez la souris et le porc, l’injection unique améliore la fonction cardiaque et réduit la formation de cicatrices. « Notre objectif est de protéger le cœur lorsqu’il est le plus vulnérable. En atténuant le stress initial et en favorisant la réparation, nous pourrions modifier le cours de la convalescence des patients », explique Dr Huang.
Étapes à venir avant l’usage humain
Les chercheurs doivent encore valider la sécurité, déterminer le moment optimal de l’injection, puis lancer des essais cliniques avant toute autorisation par les autorités sanitaires. « On peut imaginer un traitement administré rapidement et en toute sécurité. Cette accessibilité rend le projet particulièrement prometteur », conclut le professeur.
Prendre soin de son cœur au quotidien
Parallèlement, des équipes de University of Bristol et University College London ont montré que certains médicaments GLP‑1, initialement conçus pour le diabète de type 2, améliorent le flux sanguin dans le muscle cardiaque après un infarctus chez l’animal.
Pour réduire le risque de crise cardiaque, plusieurs facteurs doivent être surveillés : âge, antécédents familiaux, tabac, alcool, diabète de type 2, hypertension, cholestérol élevé, surpoids et sédentarité. Chez la femme, la contraception hormonale et la ménopause sont également des facteurs de risque.
Recommandations médicales pour la prévention cardiovasculaire :
- Adopter une alimentation variée, riche en fruits, légumes, fibres et pauvre en viande rouge et produits transformés.
- Maintenir un poids santé et pratiquer une activité physique régulière, y compris la marche quotidienne.
- Assurer un sommeil suffisant et de qualité.
- Limiter la consommation d’alcool et éviter le tabac.
- Gérer le stress grâce à des techniques de relaxation ou à l’accompagnement psychologique.
Ces mesures restent essentielles, même avec les avancées thérapeutiques prometteuses, pour soutenir la santé cardiaque sur le long terme.
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