
Des spécialistes en santé ont tranché : la psychanalyse n’a plus sa place dans la prise en charge de l’autisme. Dans de nouvelles recommandations, ils consacrent les approches qui ont démontré leur efficacité et écartent une dizaine de méthodes « non recommandées », parmi lesquelles le ‘’neurofeedback’’ et le ‘’packing’’.
La fin d’une pratique controversée
Des spécialistes reconnaissent que la psychanalyse ne permet pas d’améliorer les symptômes des personnes autistes. Déjà classait comme une approche parmi les interventions « non consensuelles ». Aujourd’hui, le rapport va plus loin : « La revue actualisée de la littérature scientifique n’apporte pas de preuve permettant de conclure à son efficacité », précisent les auteurs.
« Les pratiques sans preuve d’efficacité suffisante, comme la psychanalyse, ne doivent plus être proposées », rappellent plusieurs spécialistes.
Des recommandations basées sur la science
L’expertise, conduite sur deux ans avec la participation de 250 professionnels et chercheurs, identifie clairement les interventions efficaces pour les troubles du spectre de l’autisme (TSA) :
- Approches développementales et comportementales : centrées sur le langage, la communication et les interactions sociales.
- Prise en charge pluridisciplinaire : combinant orthophonie, psychomotricité, ergothérapie et accompagnement éducatif.
- Interventions précoces : plus elles sont mises en place tôt, meilleures sont les chances de progresser dans l’autonomie, la motricité et la régulation sensorielle.
Ces méthodes ont démontré leur efficacité scientifiquement et sont désormais encouragées par la HAS comme standards de soins.
Des pratiques à éviter
Les spécialistes citent explicitement les méthodes suivantes comme non recommandées :
- Psychanalyse
- Neurofeedback
- Packing
- Hypnothérapie, magnétisme ou autres approches non validées
Selon eux, ces pratiques peuvent retarder la mise en place de stratégies efficaces et ne doivent plus être proposées, même sur demande des familles.
Signalement et suivi
En cas de recours à des pratiques non recommandées, les familles peuvent alerter les autorités. Étienne Pot explique que « chaque signalement fait l’objet d’un suivi pour rappeler les bonnes pratiques et orienter vers des interventions validées ».
Les professionnels de santé doivent désormais informer clairement les parents sur les méthodes recommandées et sur les risques des interventions non validées, garantissant ainsi un accompagnement sûr et fondé sur la preuve.
Recommandations pour les familles
- Privilégier les interventions développementales et comportementales validées par les spécialistes de la santé.
- Demander un avis pluridisciplinaire incluant médecin, psychologue, orthophoniste et ergothérapeute.
- Signaler toute pratique non recommandée afin de protéger l’enfant et éviter des retards dans la prise en charge.
- Maintenir une implication active et quotidienne dans l’accompagnement de l’enfant : jeux, apprentissages, routines structurées.
Perspectives et enjeux
Cette décision marque un tournant historique et aligne sur les recommandations internationales. Elle souligne l’importance de baser la prise en charge sur des preuves scientifiques solides, plutôt que sur des pratiques historiques ou idéologiques.
Les enfants et adolescents autistes bénéficieront ainsi d’interventions plus efficaces, adaptées à leurs besoins et favorisant leur autonomie et leur inclusion sociale.
Mots clés : autisme, TSA, psychanalyse, comportementales, idéveloppementales, HAS, neurodéveloppement, pluridisciplinaire, orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, scientifiques, santé mentale, enfant,
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