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Les bienfaits psychologiques du jeûne : explorer sa sagesse pour le succès et le bien-être

Edité par : Dr fettah zoura | Psychiatre
23 février 2026

« Ô vous qui croyez ! Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédé, afin que vous développiez la retenue. » (Coran 2:183)

Ce verset pose d’emblée la finalité profonde du jeûne : apprendre la retenue. Cette notion, au cœur de nombreuses traditions spirituelles, dépasse largement le simple fait de s’abstenir de manger. Elle renvoie à la maîtrise de soi, à la capacité de résister à l’impulsion immédiate et à orienter ses actions vers un objectif plus élevé.

Or, la psychologie moderne confirme l’importance de cette qualité. La maîtrise de soi est aujourd’hui considérée comme l’un des meilleurs prédicteurs de réussite à long terme. Des études sur le développement de l’enfant ont montré que ceux qui parvenaient à différer une gratification immédiate développaient plus tard de meilleures capacités cognitives : prise de décision plus réfléchie, résolution de problèmes plus efficace, meilleure adaptation aux situations complexes. Les chercheurs parlent alors de « fonctions exécutives », c’est-à-dire les mécanismes mentaux qui permettent d’organiser, de planifier et de persévérer. Selon plusieurs psychologues, cette intelligence émotionnelle joue parfois un rôle plus déterminant que le quotient intellectuel lui-même.

Le jeûne constitue, par nature, un exercice intense de cette maîtrise. Il exige volonté, constance et détermination. Résister à la faim, à la fatigue et aux habitudes quotidiennes forge un esprit plus discipliné. Cette discipline devient ensuite transférable dans d’autres domaines : études, travail, relations humaines, projets personnels. Celui qui apprend à contrôler ses besoins immédiats devient plus capable de poursuivre ses objectifs malgré les difficultés.

Au-delà de cette dimension morale et spirituelle, les effets psychologiques du jeûne sont de plus en plus étudiés. Si ses bénéfices physiques sont bien connus, ses impacts sur l’équilibre mental sont tout aussi significatifs.

Après plusieurs heures de jeûne, de nombreuses personnes décrivent un sentiment de satisfaction et d’accomplissement. La capacité à tenir bon face à une épreuve quotidienne renforce l’estime de soi. On ressent une forme de fierté calme, un sentiment de contrôle sur soi-même. Sur le plan biologique, certaines variations hormonales contribuent aussi à cet état de bien-être, tandis que la réussite d’un effort difficile agit comme une récompense naturelle pour le cerveau.

Le jeûne favorise la production de certaines substances cérébrales associées à l’apaisement et à la stabilité émotionnelle. Plusieurs observations montrent une réduction du stress et de l’anxiété chez les personnes qui jeûnent régulièrement. Le rythme plus lent de la journée, la dimension spirituelle et l’introspection renforcent cet effet. Le corps se calme, l’esprit se recentre.

Contrairement à une idée répandue, le jeûne ne rend pas forcément somnolent. En régulant le taux de glucose, il évite les baisses d’énergie brutales souvent ressenties après des repas copieux. Le cerveau fonctionne alors de manière plus stable. Beaucoup décrivent une sensation de clarté mentale, une attention plus soutenue, une présence plus marquée dans leurs actions.

Une vigilance accrue favorise naturellement la concentration. Les tâches simples comme les tâches complexes sont accomplies avec plus de précision. L’attention étant la base de la mémoire, cette amélioration contribue aussi à une meilleure mémorisation. Certaines recherches suggèrent même que le jeûne stimule l’activité de l’hippocampe, région du cerveau essentielle pour l’apprentissage et la mémoire, comme si un processus de renouvellement s’opérait.

Le jeûne modifie les habitudes quotidiennes et encourage souvent une meilleure organisation du temps. Beaucoup constatent un sommeil plus profond et plus réparateur. Or, le sommeil joue un rôle fondamental dans l’équilibre psychologique : il influence l’humeur, la concentration, la résistance au stress et la santé globale.

Le jeûne reste néanmoins, avant tout, un acte spirituel. Il apprend la patience, la gratitude et la conscience de soi. En se privant volontairement de ce qui est habituellement permis, la personne développe une sensibilité nouvelle à ses comportements, à ses paroles et à ses pensées. Cette retenue ne concerne plus seulement la nourriture, mais l’ensemble de la conduite.

Ainsi, le jeûne devient une école de transformation intérieure. Il renforce la volonté, stabilise l’esprit, apaise le cœur et nourrit la conscience. Par la discipline qu’il impose et la lucidité qu’il apporte, il ouvre un chemin vers un mieux-être durable, un meilleur équilibre mental et une plus grande proximité avec le sens profond de l’existence.

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