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Jeûne, sommeil et vigilance : quels effets réels sur l’horloge biologique ?

Edité par : Dr Salim BENLEFKI | Docteur en neuroscience
17 février 2026

Approche scientifique et médicale du sommeil pendant le Ramadan

Les horaires des repas influencent directement les rythmes biologiques, notamment le cycle veille-sommeil. Lorsque ces horaires changent, comme pendant le Ramadan, l’organisme doit s’adapter rapidement. Selon les études scientifiques, le jeûne peut soit améliorer, soit perturber la qualité du sommeil. Tout dépend du type de jeûne, de l’organisation des repas et du mode de vie adopté pendant cette période. Le jeûne du Ramadan reste le modèle le plus étudié au monde, car il concerne des millions de personnes et suit un rythme précis sur un mois complet.

Le jeûne du Ramadan consiste à s’abstenir de manger et de boire du lever au coucher du soleil. Les repas sont concentrés la nuit, ce qui modifie profondément le fonctionnement biologique habituel.

La durée quotidienne du jeûne varie selon la saison. Elle est plus longue en été et plus courte en hiver.

Ce changement de rythme entraîne une modification des cycles hormonaux, du métabolisme et du sommeil.

Plusieurs recherches ont analysé l’impact du Ramadan sur le sommeil et la vigilance. Une analyse regroupant 24 études, portant sur 646 participants jeunes et en bonne santé, a montré des tendances claires :

  • La durée moyenne de sommeil diminue pendant le Ramadan.
  • Elle passe d’environ 7,2 heures à 6,4 heures par nuit.
  • La somnolence en journée a tendance à augmenter.

Ces résultats s’expliquent surtout par le décalage des horaires de coucher et de réveil, et par les interruptions nocturnes liées au repas du s’hour.

Les recherches montrent également une diminution du sommeil paradoxal pendant le Ramadan.

Le sommeil paradoxal est la phase durant laquelle :

  • Le cerveau reste très actif
  • Les rêves se produisent
  • La récupération mentale est maximale

Cette phase survient surtout en fin de nuit, tôt le matin. Or, le réveil pour le s’hour interrompt souvent cette période essentielle.

Sur le plan médical, cela peut expliquer :

  • Une sensation de fatigue mentale
  • Une baisse de concentration
  • Une irritabilité passagère

Plusieurs mécanismes physiologiques sont impliqués.

1. Modification des hormones nocturnes

Le fait de manger la nuit augmente l’activité hormonale à des heures inhabituelles. On observe notamment :

  • Une élévation du cortisol (hormone du stress)
  • Une augmentation de l’insuline après les repas
  • Une hausse de la température corporelle

Ces facteurs peuvent retarder l’endormissement et fragmenter le sommeil.

2. Repas tardifs et digestion difficile

Se coucher juste après un repas copieux peut perturber le sommeil. La digestion mobilise l’organisme et empêche l’entrée rapide dans les phases profondes.

3. Horaires décalés

Pendant le Ramadan, beaucoup de personnes se couchent plus tard et se lèvent plus tôt. Cette réduction du temps de repos explique la fatigue ressentie en journée.

La mélatonine, appelée « hormone du sommeil », régule l’endormissement et les cycles nocturnes.

Certaines études montrent que pendant le jeûne, son niveau peut diminuer, notamment en raison de la baisse du taux de sucre dans le sang. Cette variation peut modifier l’endormissement et la qualité du repos.

Par ailleurs, la glycémie joue un rôle important :

  • Des variations importantes du taux de sucre peuvent perturber le sommeil
  • Une glycémie stable favorise un sommeil plus profond et plus réparateur

Certaines études, notamment une recherche allemande menée sur des adultes en bonne santé, ont observé des effets différents avec un jeûne complet de courte durée.

Chez ces participants :

  • La qualité du sommeil s’est améliorée
  • La concentration en journée a augmenté
  • La vigilance mentale était plus stable

Ces effets seraient liés à une glycémie plus régulière et à une meilleure adaptation du cerveau aux sources d’énergie alternatives.

Cependant, ces résultats restent temporaires et dépendent fortement des conditions du jeûne.

Le cerveau est très sensible aux variations de sucre dans le sang.

Pendant certaines formes de jeûne, la stabilité de la glycémie peut :

  • Améliorer la concentration
  • Réduire les coups de fatigue
  • Favoriser la vigilance mentale

Mais pendant le Ramadan, ces bénéfices peuvent être atténués par le manque de sommeil ou par des repas nocturnes trop lourds.

Les bénéfices observés sur le sommeil et la vigilance ne sont pas permanents. Ils dépendent :

  • De la durée du jeûne
  • De la qualité de l’alimentation
  • Du rythme de sommeil
  • De l’état de santé général

Lorsque la privation de sommeil devient importante, la fatigue peut s’installer progressivement.

Pour préserver un bon sommeil malgré le jeûne, les spécialistes conseillent :

  • Éviter les repas lourds et gras juste avant de dormir
  • Répartir les prises alimentaires sur la soirée
  • Dormir plus tôt lorsque cela est possible
  • Faire une courte sieste dans la journée si nécessaire
  • Limiter le café et le thé le soir
  • Maintenir une bonne hydratation

Un s’hour léger, équilibré et pris suffisamment tôt permet aussi de se rendormir plus facilement.

Le jeûne influence clairement le sommeil et la vigilance. Le Ramadan peut réduire la durée de sommeil et modifier ses phases, surtout en raison des repas nocturnes et des horaires décalés.

Cependant, avec une organisation adaptée, il est possible de préserver un bon repos. Une alimentation modérée, un sommeil régulier et une bonne hygiène de vie permettent de limiter les effets négatifs et de maintenir la vigilance pendant la journée.

Mots clés : Ramadan ; sommeil ; santé ; équilibre ; mélatonine ; jeûne ; biologique ; rythme ;

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