Près d’un Algérien sur deux continue de se rendre au travail malgré la maladie. Ce réflexe, souvent perçu comme un signe de sérieux, peut pourtant fragiliser durablement le corps, retarder la guérison et augmenter le risque de complications à long terme. Au-delà du risque de contagion pour les collègues, le « présentéisme » — le fait de travailler malgré un état de santé nécessitant normalement un arrêt — est un phénomène à prendre au sérieux.
Le présentéisme : être là… mais pas vraiment
Le présentéisme (ou sickness presenteeism) se distingue de l’absentéisme. Il traduit le paradoxe d’un salarié physiquement présent, mais diminué dans sa capacité de travail et dans sa récupération. Ce comportement est souvent encouragé par des cultures d’entreprise valorisant la présence et l’engagement, consciemment ou non.
Pourquoi aller travailler malades ?
Plusieurs raisons principales sont soulevées :
- Pression sociale et hiérarchique : peur d’être jugé par les collègues ou le manager, surtout en l’absence de télétravail.
- Contraintes économiques : les trois jours de carence avant indemnisation peuvent pousser certains à travailler malgré la maladie.
- Culture professionnelle : être physiquement présent reste un signe d’engagement dans beaucoup d’entreprises.
Ce mélange de facteurs sociaux, financiers et culturels pousse les salariés à ignorer leurs symptômes, au détriment de leur santé.
Les conséquences à court terme
Travailler malade n’est pas sans effet immédiat :
- Transmission virale accrue : rhumes, grippes ou COVID-19 se propagent facilement dans les open spaces et bureaux mal ventilés.
- Baisse de productivité : fatigue, troubles de concentration et diminution des performances sont fréquents.
- Stress supplémentaire : devoir tenir réunions et échéances malgré la maladie augmente la tension et l’épuisement.
Ces effets sont souvent banalisés et assimilés à une « journée difficile » plutôt qu’à un véritable risque sanitaire.
Les conséquences à long terme
1. Rétablissement retardé
Travailler pendant une maladie mobilise de l’énergie dont le corps a besoin pour se réparer. Le résultat : guérison plus lente et symptômes prolongés, pouvant transformer un simple rhume en infection plus sérieuse.
2. Risque d’absentéisme futur
Forcer l’organisme augmente le risque d’arrêts maladie plus longs par la suite. La fatigue cumulée, la baisse de l’immunité et l’épuisement global fragilisent le corps face aux infections et au stress.
3. Santé mentale fragilisée
Le présentéisme répété est associé à :
- Augmentation du stress et de l’anxiété
- Déclin du bien-être psychologique
- Risque accru d’épuisement professionnel
Au-delà du cas individuel, le phénomène a une répercussion collective : un salarié malade peut infecter ses collègues, augmentant l’absentéisme global et la charge pour les services de santé.
Quand peut-on continuer à travailler ?
Il n’est pas nécessaire de s’arrêter pour un simple nez qui coule. Continuer à travailler peut rester raisonnable lorsque :
- Les symptômes sont légers et n’entravent pas la concentration
- Le rythme de travail peut être adapté
- Le télétravail est possible, évitant déplacements et fatigue
- Il n’y a pas de risque de contagion pour les autres
En revanche, la fatigue importante, la fièvre, les symptômes respiratoires sévères ou contagieux justifient un arrêt immédiat.
Recommandations pour protéger sa santé
1. Écouter son corps : reconnaître les signaux de fatigue et de maladie avant qu’ils ne s’aggravent.
2. Adapter le travail : privilégier le télétravail ou réduire les tâches exigeantes en cas de symptômes légers.
3. Hygiène et prévention : se laver les mains, porter un masque si nécessaire et éviter les contacts étroits lorsqu’on est malade.
4. Repos complet : un sommeil réparateur et un arrêt maladie adéquat accélèrent la guérison et limitent les complications.
5. Vaccinations et suivi médical : se protéger contre la grippe et autres infections saisonnières réduit les risques de présentéisme involontaire.
A retenir :
Aller travailler malade peut sembler un geste de responsabilité, mais il fragilise le corps, ralentit la guérison et augmente le risque d’absences plus longues par la suite. Le présentéisme a aussi un impact collectif en favorisant la propagation des infections.
Recommandation médicale : si vous êtes malade et que vos symptômes affectent votre concentration, votre énergie ou présentent un risque de contagion, prenez un arrêt maladie. Protéger sa santé, c’est aussi protéger celle de ses collègues.
Chaque année, les infections respiratoires aiguës (rhumes, grippes, bronchites, COVID-19) restent parmi les premières causes d’arrêts de travail. Une bonne prévention et le respect des signaux de son corps sont essentiels pour limiter les effets du présentéisme.
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