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Industrie pharmaceutique : l’Algérie accélère la numérisation totale du secteur à l’horizon 2026

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
3 février 2026

Une transformation numérique érigée en priorité stratégique

Le secteur de l’industrie pharmaceutique algérienne s’apprête à franchir un cap décisif. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, M. Ouacim Kouidri, a annoncé, dimanche à Alger, que la numérisation globale du secteur constitue une priorité majeure pour l’année 2026. Cette transformation concernera aussi bien les services administratifs, que les procédures d’enregistrement des médicaments et l’intégration du système de sérialisation, un outil clé pour la traçabilité et la lutte contre la contrefaçon.

S’exprimant lors d’une audition devant la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre a précisé que son département prévoit la mise en place d’un système numérique unifié.

Celui-ci permettra le dépôt à distance des dossiers liés :

  • aux programmes d’importation,
  • aux demandes d’agrément,
  • aux autorisations réglementaires.

Objectif affiché : renforcer la transparence, réduire les délais de traitement et garantir une gestion plus fluide et équitable des dossiers.

Le ministère ambitionne également de numériser intégralement la procédure d’enregistrement des produits pharmaceutiques au niveau de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP).

Cette évolution vise à améliorer la lisibilité des processus, sécuriser les données et faciliter le suivi réglementaire tout au long du cycle de vie du médicament.

Dans le même esprit, l’intégration obligatoire du système de sérialisation dans les cahiers des charges permettra :

  • d’assurer une traçabilité complète des médicaments,
  • de lutter efficacement contre les produits contrefaits,
  • de renforcer la protection du consommateur et du patient.

M. Kouidri a rappelé les avancées significatives réalisées par l’Algérie en matière de développement de la production pharmaceutique locale.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs salué ces résultats, qualifiant l’Algérie de pôle régional crédible pour l’approvisionnement du continent africain en médicaments et dispositifs médicaux conformes aux normes internationales de qualité et de sécurité.

Cette reconnaissance conforte la stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux importations tout en renforçant la souveraineté sanitaire.

Le ministre a également mis en avant le rôle de la Foire commerciale intra-africaine (IATF), organisée en Algérie en septembre dernier.

Cet événement a constitué une vitrine stratégique pour :

  • promouvoir le médicament algérien,
  • démontrer sa compétitivité,
  • explorer de nouveaux partenariats industriels et commerciaux avec les opérateurs africains.

Dans le cadre de la diversification de l’économie nationale, le ministère a mis en œuvre un plan opérationnel dédié à l’exportation pharmaceutique.

Celui-ci repose notamment sur :

  • l’accompagnement des unités industrielles,
  • l’obtention de certifications internationales,
  • l’alignement sur les standards exigés par les marchés étrangers.

Cette démarche s’inscrit dans la stratégie globale de l’État visant à développer les exportations hors hydrocarbures et à positionner l’Algérie comme hub pharmaceutique continental.

Les chiffres présentés témoignent d’une dynamique solide.

Selon le ministre, la production locale couvre désormais près de 83 % des besoins du marché national, jusqu’à décembre 2025. Cette performance a permis une réduction significative de la facture d’importation :

  • 1,25 milliard de dollars en 2022,
  • 718 millions de dollars en 2023,
  • 515 millions de dollars en 2024.

Cette tendance devrait se poursuivre en 2025, avec une baisse encore plus marquée des importations.

Côté exportations, les résultats sont tout aussi encourageants. Leur valeur est passée de 6,12 millions de dollars en 2023 à 23,15 millions de dollars en 2024, soit une croissance de plus de 300 %.

Le ministre a indiqué que ce volume pourrait encore doubler en 2025, traduisant :

  • l’amélioration de la compétitivité du produit national,
  • la montée en gamme de l’industrie locale,
  • la confiance croissante des partenaires régionaux et internationaux.

La numérisation annoncée du secteur pharmaceutique ne se limite pas à un simple virage technologique. Elle constitue un levier structurant pour :

  • améliorer la gouvernance,
  • sécuriser le circuit du médicament,
  • renforcer la confiance des patients,
  • soutenir l’innovation et l’exportation.

À l’horizon 2026, l’industrie pharmaceutique algérienne ambitionne ainsi de conjuguer performance industrielle, sécurité sanitaire et rayonnement régional, dans un environnement numérique modernisé et maîtrisé.

Mots-clés : industrie pharmaceutique, numérisation, sérialisation, médicaments, ANPP, production locale, exportation, traçabilité, OMS, santé,

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