Le bon fonctionnement des équipements médicaux est devenu un enjeu central pour le système de santé. Face à la multiplication des pannes dans les établissements hospitaliers, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Ait Messaoudene, a réaffirmé, jeudi à Alger, que cette question constitue désormais une priorité stratégique pour son département.
S’exprimant lors d’une séance plénière du Conseil de la nation, présidée par Azouz Nasri, le ministre a annoncé l’élaboration d’un programme national structurant, visant à réduire durablement les défaillances techniques affectant les équipements médicaux, souvent indispensables à la prise en charge des patients.
Des pannes répétitives aux conséquences lourdes pour les soins
Les dysfonctionnements des équipements médicaux ont des répercussions directes sur la qualité et la continuité des soins. Ils entraînent :
- des retards dans les diagnostics,
- des interruptions d’actes thérapeutiques,
- une surcharge des services fonctionnels,
- et parfois le transfert contraint de patients vers d’autres structures.
Conscient de ces enjeux, le ministre a insisté sur la nécessité de passer d’une gestion réactive des pannes à une approche préventive et structurée.
Des causes multiples clairement identifiées
M. Mohamed Seddik Ait Messaoudene a détaillé les principales raisons expliquant la dégradation du parc d’équipements médicaux.
Parmi les facteurs les plus fréquents figurent :
- le retard dans la conclusion ou le renouvellement des contrats de maintenance,
- les difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange,
- des insuffisances dans l’application des programmes de maintenance préventive,
- une mauvaise utilisation des appareils, souvent liée à un manque de formation technique du personnel.
Ces défaillances combinées contribuent à fragiliser des équipements coûteux et essentiels, parfois immobilisés pendant de longues périodes.
Des instructions fermes pour une prise en charge rapide
Pour inverser cette tendance, le ministre a indiqué avoir donné des instructions claires et immédiates aux responsables concernés.
Celles-ci portent notamment sur :
- l’accélération de la signature et du renouvellement des contrats de maintenance,
- la prise en charge prioritaire des pannes touchant les équipements à caractère urgent,
- le renforcement du suivi régulier des programmes de maintenance préventive.
L’objectif est de détecter les premiers signes de dysfonctionnement, afin d’intervenir avant la panne totale, réduisant ainsi les coûts et les interruptions de service.
Réforme administrative et cadre réglementaire renforcé
Au-delà de l’aspect technique, le ministère s’attaque également aux blocages administratifs.
En coordination avec les secteurs concernés, il œuvre à :
- simplifier et accélérer les procédures d’importation des pièces de rechange,
- mettre en place un cadre réglementaire clair, fondé sur un cahier des charges précis,
- garantir un approvisionnement continu et sécurisé des établissements de santé.
Parallèlement, un inventaire périodique et détaillé du parc national d’équipements médicaux est prévu. Il permettra d’identifier les appareils les plus fréquemment en panne et d’adapter les décisions d’investissement ou de remplacement.
Une plateforme numérique désormais opérationnelle
Autre avancée majeure : le développement d’une plateforme numérique nationale dédiée à la gestion et à la maintenance des équipements médicaux.
Cette plateforme, désormais opérationnelle, permet :
- le suivi en temps réel des équipements,
- la centralisation des données de maintenance,
- une meilleure planification des interventions techniques,
- et une prise de décision basée sur des données fiables.
Elle constitue un levier essentiel de modernisation de la gouvernance hospitalière.
Intégration des diplômés paramédicaux : une réponse aux besoins du terrain
Interrogé sur l’intégration des diplômés issus des écoles privées de formation paramédicale, le ministre a annoncé avoir instruit les directeurs de la santé des wilayas de procéder à un recensement précis.
L’objectif est une intégration progressive, en fonction des postes disponibles, avec une priorité accordée aux nouveaux établissements sanitaires, afin de renforcer les équipes soignantes et techniques.
Renforcer les wilayas du Sud en spécialistes médicaux
Concernant les déséquilibres territoriaux en matière de ressources humaines, notamment dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux, Mohamed Seddik Ait Messaoudene a annoncé l’inscription programmée de nouvelles spécialités médicales.
Ces spécialités seront intégrées dans le cadre du programme de formation spécialisée, destiné aux médecins exerçant dans ces régions, afin d’améliorer l’accès aux soins spécialisés et réduire les évacuations vers le Nord.
Vers une modernisation durable du système de santé
À travers ces mesures, le ministère de la Santé affiche une volonté claire : sécuriser les équipements, renforcer les compétences et moderniser la gestion hospitalière.
La réussite de ce programme national dépendra désormais de sa mise en œuvre effective sur le terrain, condition essentielle pour restaurer la confiance des professionnels de santé et améliorer durablement la prise en charge des patients.
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