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Lèpre en Europe : des cas exceptionnels, un risque maîtrisé

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
20 décembre 2025

Roumanie et Croatie signalent des infections inédites depuis plus de trente ans

La Roumanie et la Croatie ont récemment confirmé des cas de lèpre, une maladie devenue extrêmement rare sur le continent européen. Ces signalements, les premiers depuis respectivement 1981 et 1993, ont suscité l’attention des autorités sanitaires. Les experts se veulent toutefois rassurants : le risque de transmission à la population générale demeure très faible.

En Roumanie, quatre cas suspects ont été recensés à Cluj-Napoca, dans le nord-ouest du pays. Tous concernent des travailleuses asiatiques employées dans un salon de massage. Deux cas ont été confirmés chez des ressortissantes indonésiennes âgées de 21 et 25 ans. Elles sont actuellement prises en charge médicalement, tandis que deux autres personnes font l’objet d’analyses complémentaires.

Selon le ministère roumain de la Santé, l’une des patientes revenait récemment d’Asie, où elle avait séjourné auprès de sa mère hospitalisée pour la même pathologie. À titre de précaution, l’établissement concerné a été temporairement fermé, le temps de mener l’enquête sanitaire.

La Croatie a, de son côté, confirmé un cas isolé de lèpre, le premier depuis plus de trois décennies. Le patient, originaire du Népal, vit dans le pays depuis deux ans. Il s’est présenté au service d’épidémiologie de Split avec des symptômes évocateurs de la maladie.

Les autorités sanitaires indiquent que le diagnostic a été posé rapidement. Le patient est sous traitement et les personnes ayant eu des contacts étroits ont reçu une prise en charge préventive. Aucun cas secondaire n’a été détecté à ce stade.

Les ministères de la Santé des deux pays insistent sur un point clé : la lèpre est une maladie à très faible contagiosité. Sa transmission nécessite des contacts étroits et prolongés, souvent sur plusieurs mois, avec une personne non traitée.

« Il n’y a pas lieu de s’alarmer », rappellent les autorités sanitaires. Les protocoles d’isolement, de traitement et de suivi des contacts ont été appliqués immédiatement, limitant tout risque de diffusion.

Dans le même esprit, le professeur Matteo Bassetti, spécialiste italien des maladies infectieuses, appelle à la vigilance sans excès : éviter la stigmatisation et l’alarmisme est essentiel pour une gestion efficace et humaine de ces situations.

La lèpre fait partie des vingt maladies tropicales dites « négligées » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle est causée par Mycobacterium leprae, une bactérie qui atteint principalement la peau et les nerfs périphériques. En l’absence de traitement, elle peut entraîner des lésions neurologiques, des troubles sensitifs et, dans les formes avancées, des difformités irréversibles.

Malgré sa rareté en Europe, la maladie reste présente dans plus de 120 pays. Près de 200 000 nouveaux cas sont encore diagnostiqués chaque année dans le monde.

Bonne nouvelle : la lèpre est aujourd’hui totalement curable. Les traitements antibiotiques combinés permettent une guérison complète lorsqu’ils sont initiés précocement. Selon l’OMS, le nombre de nouveaux cas a diminué d’environ 5 % en 2024, passant de 182 815 cas en 2023 à 172 717 en 2024.

Un diagnostic précoce permet d’éviter les complications et de stopper la transmission.

Face à ces cas exceptionnels, les spécialistes formulent plusieurs recommandations claires :

  • renforcer la vigilance diagnostique chez les professionnels de santé, notamment face à des symptômes cutanés et neurologiques atypiques ;
  • assurer un accès rapide au dépistage et aux traitements pour les personnes concernées ;
  • informer le public sans dramatisation, en rappelant la faible contagiosité de la maladie ;
  • lutter activement contre la stigmatisation, qui constitue un frein majeur au dépistage précoce.

À retenir

Ces cas de lèpre en Roumanie et en Croatie sont rares, importés et strictement encadrés sur le plan sanitaire. Ils ne traduisent ni une résurgence de la maladie en Europe ni un danger pour la population générale. Ils rappellent toutefois l’importance d’une surveillance épidémiologique rigoureuse et d’une information médicale fondée sur les faits.

La lèpre appartient désormais à l’histoire médicale, mais elle reste une réalité mondiale, que seule une approche scientifique, préventive et solidaire permet de contenir durablement.

Mots clés : lèpre ; santé ; cutané ; maladie ; résurgence ; contagieux ; tropicale ;

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