Un arbitrage difficile entre sommeil et activité physique

Nos journées sont pleines. Études, trajets, loisirs, réseaux sociaux : il faut parfois choisir entre dormir davantage ou ajouter une séance de sport. Les messages de santé rappellent régulièrement l’importance de bouger plus. Pourtant, une nouvelle étude internationale montre que, lorsque le temps manque, dormir serait plus bénéfique que réduire son sommeil pour faire de l’exercice.
Une étude d’une ampleur inédite
Publiée le 8 décembre 2025 dans Communications Medicine, l’étude s’appuie sur plus de 28 millions de journées de données, collectées auprès de 70 000 participants dans plusieurs pays.
Deux constats majeurs apparaissent :
- Moins de 13 % des personnes respectent à la fois les recommandations de sommeil (7 à 9 heures) et d’activité physique (au moins 8 000 pas/jour).
- Environ 17 % dorment moins de 7 heures et marchent moins de 5 000 pas par jour, un duo associé à des risques plus élevés de troubles métaboliques, de malaise psychologique et de prise de poids.
Dormir plus : un levier pour bouger davantage
Les chercheurs ont observé que le sommeil influençait fortement l’activité du lendemain.
L’effet inverse, en revanche, restait très limité.
Selon Josh Fitton, auteur principal : « Une bonne nuit de sommeil prépare à une journée plus active. Dormir mieux conduit à plus de mouvement le lendemain. Bouger plus n’améliore pas forcément le sommeil. »
Autrement dit, bien dormir agit comme une base physiologique :
- système nerveux plus stable,
- meilleure disponibilité mentale,
- meilleure récupération musculaire,
- plus grande motivation.
La qualité du sommeil compte autant que la durée
L’étude montre également que :
- un sommeil moins agité,
- moins de réveils nocturnes,
- moins de temps passé à se retourner dans son lit,
sont associés à une activité physique plus spontanée le lendemain.
Ce lien met en lumière l’importance du sommeil profond pour la régulation hormonale, l’énergie et la motivation.
Revoir les recommandations de santé ?
Pour les auteurs, ces résultats posent une question : est-il réaliste de demander aux populations de bouger davantage si elles manquent déjà de sommeil ?
Josh Fitton estime que les politiques de santé doivent tenir compte des contraintes quotidiennes. Selon lui, viser simultanément un bon sommeil, un niveau d’activité soutenu et un mode de vie équilibré est difficile pour la majorité.
Le Pr Eckert, directeur de l’étude, insiste :« Le sommeil n’est pas un état passif. Il soutient activement la capacité à adopter une vie saine et active. »
Alors, que faut-il privilégier ?
Si l’on manque de temps, les chercheurs sont clairs : prioriser le sommeil permettrait ensuite d’augmenter naturellement l’activité physique.
Dormir suffisamment restaure les systèmes musculaire, cognitif et immunitaire, éléments essentiels pour être actif sans s’épuiser.
Cela ne signifie pas abandonner totalement l’exercice, mais éviter de sacrifier le sommeil pour atteindre un objectif sportif irréaliste.
Recommandations médicales générales
- Viser 7 à 9 heures de sommeil par nuit pour soutenir énergie, mémoire et humeur.
- Préserver des horaires réguliers : se coucher et se lever aux mêmes heures facilite la qualité du sommeil.
- Éviter les écrans juste avant de dormir, car la lumière bleue perturbe l’endormissement.
- Intégrer des mouvements simples dans la journée : marcher un peu plus, monter les escaliers, s’étirer.
- Éviter de compenser un manque de sommeil par un effort physique intense.
- Consulter un professionnel de santé en cas de fatigue persistante, insomnies ou baisse importante d’énergie.
Mots clés : santé ; sport ; sommeil ; dormir ; mémoire ; humeur ; cognitif ; énergie ;
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