
Une tache rouge, rosée ou violacée apparaît sur la peau de votre bébé. Parfois plate, parfois en relief. Impressionnante au premier regard, elle est le plus souvent bénigne. Pourtant, certaines formes nécessitent une surveillance attentive.
Qu’est-ce qu’un angiome ?
Une tache rouge sur la peau d’un nouveau-né inquiète souvent les parents. Pour les médecins, il s’agit le plus souvent d’un angiome, un terme qui regroupe plusieurs anomalies vasculaires superficielles. Le terme angiome est utilisé pour désigner toute anomalie vasculaire visible à la surface de la peau.
Ces anomalies peuvent être présentes dès la naissance ou apparaître dans les premières semaines de vie.
Pourquoi mon bébé a-t-il un angiome ?
Plusieurs facteurs sont connus pour augmenter le risque :
- Grande prématurité,
- Antécédents familiaux,
- Grossesse multiple,
- Complications obstétricales (anomalies du placenta, hypertension maternelle).
Ces taches vasculaires sont fréquentes et, dans la majorité des cas, sans gravité.
Les différents types d’angiomes
Les angiomes se répartissent en deux grandes catégories :
1. Les malformations vasculaires
Elles sont liées à une anomalie structurelle des vaisseaux. On retrouve :
- L’angiome plan,
- Le Nævus flammeus.
2. Les proliférations vasculaires
Ce sont des tumeurs vasculaires bénignes, dont le plus connu est : L’hémangiome infantile.
Chaque type a ses particularités, son évolution et ses indications de prise en charge.
L’angiome plan : une tache présente dès la naissance
Comment le reconnaître ?
L’angiome plan se présente comme une macule rosée à violacée, à bords irréguliers.
Il peut apparaître :
- en nappe avec contours pâles,
- ou sous forme de « tache de vin », aux bords bien définis et plus foncés.
Il est toujours présent à la naissance et touche autant les filles que les garçons.
Localisation possible : visage, torse, membres, partout sur le corps.
L’angiome plan est-il dangereux ?
Dans la majorité des cas, non. Mais une évaluation par un dermatologue pédiatrique est recommandée.
La plupart des angiomes plans sont isolés et ne s’accompagnent d’aucune autre anomalie.
Cependant, dans de rares situations, ils peuvent être associés à d’autres malformations vasculaires (veineuses, lymphatiques ou artérioveineuses) ou à des asymétries corporelles.
Angiome plan du visage : une vigilance renforcée
Lorsqu’il touche :
- le front,
- les paupières,
il peut être associé au syndrome de Sturge-Weber, une maladie rare impliquant :
- une atteinte ophtalmologique (glaucome, augmentation du volume du globe oculaire),
- une atteinte cérébrale (angiomatose méningée) pouvant entraîner épilepsie ou retard psychomoteur.
Examens indispensables :
- Examen ophtalmologique précoce,
- IRM cérébrale entre 1 et 6 mois pour limiter les faux négatifs.
Le Nævus flammeus : la tache vasculaire la plus fréquente
Comment le reconnaître ?
Le Nævus flammeus est une tache rosée, plane, aux contours émiettés. Elle s’accentue quand le bébé pleure.
Localisations classiques :
- milieu du front (souvent triangulaire),
- paupières (sans continuité avec la tache frontale),
- nez, lèvre supérieure,
- région lombaire,
- nuque (où il peut s’eczématiser).
Son évolution
Le Nævus flammeus :
- s’atténue spontanément,
- disparaît le plus souvent avant un an.
Aucun traitement n’est nécessaire dans la majorité des cas.
Comment traiter ou atténuer un angiome plan ?
- L’angiome plan ne régresse pas spontanément.
- Le Nævus flammeus régresse dans la majorité des cas.
Pour les angiomes plans visibles et gênants esthétiquement, un laser à colorant pulsé peut être proposé dans des centres spécialisés.
Ce traitement est :
- douloureux,
- nécessite plusieurs séances,
- mais améliore nettement l’aspect de la lésion.
L’hémangiome infantile : une tumeur bénigne… mais à surveiller
L’hémangiome touche 5 à 10 % des nourrissons, avec une prédominance chez les filles.
Il apparaît souvent sur :
- la tête,
- le cou,
- parfois sur le tronc ou les membres.
La plupart sont infantiles, visibles dans les premières semaines.
Les trois formes d’hémangiome
1. Forme superficielle
- Tache rouge vif, en relief, bords nets.
- Aspect caractéristique : surface mamelonnée, évoquant une fraise.
2. Forme profonde
- Masse arrondie sous la peau, chaude, bleutée.
- Peut ressembler à un hématome.
3. Forme mixte
- Association des deux précédentes.
L’évolution de l’hémangiome infantile
- Croissance rapide dans les 3 premiers mois.
- À 4 mois, l’hémangiome atteint 80 % de sa taille finale.
- La croissance se stabilise vers 6 à 9 mois, parfois jusqu’à 2 ans.
- Régression progressive durant plusieurs années.
Plus de 90 % des hémangiomes ont disparu à l’entrée en primaire.
Quand consulter rapidement ?
Une consultation spécialisée est recommandée dans les cas suivants :
- Localisation cervicofaciale, pouvant être associée à des anomalies cardiaques, artérielles ou oculaires.
- Atteinte mandibulaire, nécessitant un avis ORL.
- Localisation lombaire, évoquant des anomalies de la zone périnéale ou de la moelle épinière.
- Hémangiomes multiples (plus de 10), nécessitant une échographie du foie.
Le score IHReS aide les médecins à déterminer la nécessité d’une prise en charge spécialisée.
Les complications possibles des hémangiomes
Rarement, des complications peuvent survenir :
Complications fonctionnelles
- Hémangiome de la paupière → risque de trouble visuel.
- Atteinte des lèvres → difficulté de succion.
- Localisation auriculaire → diminution de l’audition.
Ulcération
- Survient durant la phase de croissance.
- Peut être douloureuse, s’infecter et laisser une cicatrice.
Complication esthétique
Peau fine, relâchée ou plissée après la régression.
Quels traitements pour un hémangiome ?
La régression est naturelle et progressive. Toutefois, un traitement peut être nécessaire en cas :
- de risque vital,
- de risque fonctionnel,
- de risque esthétique majeur,
- d’ulcération.
Traitement de référence : le propranolol
Le propranolol, un bêtabloquant, est administré en milieu hospitalier. Il bloque la prolifération vasculaire et permet de stabiliser ou réduire rapidement l’hémangiome.
Recommandations médicales pour les parents
- Surveillez l’évolution de la tâche : couleur, taille, relief.
- Prenez une photo tous les 10 à 15 jours pour évaluer les changements.
- Consultez rapidement si la tache s’étend, s’ulcère ou gêne l’alimentation, la vision ou l’audition.
- Signalez toute localisation atypique (lombaire, génitale, mandibulaire).
- Ne frottez pas les lésions.
- Protégez-les du soleil (vêtements, chapeau).
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