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Cannabis : l’OMS reconnaît un nouveau risque grave pour la santé

Edité par : Dre Souad BRAHIMI | Docteure ne médecine
3 décembre 2025

Le cannabis n’est pas un produit anodin. Confusion, somnolence, anxiété ou euphorie font partie des effets connus. Mais un autre trouble, moins médiatisé, vient d’être officiellement reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé : le syndrome d’hyperémèse cannabique (SHC).

Un effet secondaire longtemps méconnu

Ce syndrome provoque des nausées intenses, des vomissements répétés, des douleurs abdominales, une perte d’appétit et une perte de poids. Dans les cas les plus sévères, il peut entraîner des troubles cardiaques, des convulsions ou une insuffisance rénale, selon le site spécialisé aidedrogue.ca.

Cette décision de l’OMS, adoptée par les CDC américains, est entrée en vigueur le 1er octobre. Elle permet de classer cette affection dans une catégorie dédiée, et non plus dans les simples « troubles digestifs ».

Grâce au nouveau code diagnostique, les médecins pourront repérer ce syndrome plus rapidement et mieux l’étudier.

« Ce classement fournit des preuves solides sur les effets indésirables du cannabis, qui deviennent un problème croissant », explique la chercheuse Beatriz Carlini, de l’Université de Washington.

Selon les spécialistes, la reconnaissance officielle du SHC permettra :

  • une prise en charge plus rapide ;
  • une meilleure surveillance épidémiologique ;
  • une meilleure information du public ;
  • une réduction des erreurs diagnostiques, fréquentes jusqu’ici.

Une étude parue le 24 novembre dans JAMA Network Open montre que les passages aux urgences pour SHC ont augmenté de près de 650 % entre 2016 et 2020, notamment pendant la pandémie de Covid-19.

Plusieurs experts expliquent cette hausse par la teneur très élevée en THC dans les produits actuels.

Le psychothérapeute John Puls rappelle que les usages médicaux, lorsqu’ils existent, reposent sur des doses bien plus faibles. Les produits consommés de manière non contrôlée atteignent aujourd’hui des concentrations beaucoup plus importantes, augmentant considérablement les risques.

Le SHC serait lié à un dérèglement du système endocannabinoïde, un réseau impliqué dans la gestion du stress, des émotions, de la douleur et de l’appétit.

Des gastroentérologues expliquent :

  • Le cannabis stimule ce système et peut réduire la réponse au stress.
  • Mais une consommation répétée et très riche en THC sature les récepteurs.
  • L’organisme réduit alors le nombre de récepteurs disponibles, devenant plus vulnérable au stress.

 Résultat : des épisodes de vomissements importants peuvent survenir, parfois simplement en se levant le matin.

Ce mécanisme paradoxal explique pourquoi certaines personnes peuvent souffrir de symptômes sévères alors qu’elles pensaient consommer un produit censé « relaxer ».

Même si l’usage du cannabis est interdit et dangereux, il est important de connaître les signaux d’alerte pour aider ou orienter quelqu’un en difficulté :

  • vomissements répétés, difficiles à contrôler ;
  • douleurs abdominales intenses ;
  •  impossibilité de s’alimenter ;
  • amaigrissement rapide ;
  • déshydratation (bouche sèche, fatigue, vertiges).

Ces symptômes nécessitent une consultation médicale urgente.

Pour les professionnels de santé, la priorité est de :

  • identifier rapidement les symptômes ;
  • éviter la déshydratation ;
  • proposer un accompagnement médical et psychologique ;
  • expliquer clairement les risques liés aux produits riches en THC ;
  • aider les patients à arrêter leur consommation en les orientant vers des services spécialisés.

Pour le grand public, en particulier les adolescents :

  • connaître les risques réels du cannabis, même utilisé « occasionnellement » ;
  • ne pas banaliser les douleurs abdominales ou les vomissements répétés ;
  • demander de l’aide à un médecin, un proche ou un professionnel si un malaise apparaît ;
  • ne jamais essayer de « gérer seul » ce type de symptômes.

Les personnes touchées rapportent que les douches très chaudes soulagent temporairement les symptômes, un signe caractéristique du syndrome.  Les gens peuvent prendre jusqu’à 10 ou 15 douches chaudes par jour.

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