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conduite routière : Trois signes au volant pourraient révéler un risque de démence..

Edité par : Dr Salim BENLEFKI | Docteur en neurosciences
4 décembre 2025

Des millions de personnes possèdent leur permis de conduire. Au-delà de la simple mobilité, le comportement au volant peut en réalité révéler des informations importantes sur la santé cognitive. Des chercheurs américains de l’Université de Washington à Saint-Louis (Missouri) ont étudié le lien entre habitudes de conduite et troubles cognitifs, grâce à des dispositifs de suivi embarqués dans les véhicules.

La conduite comme indicateur de santé cognitive

L’étude a suivi 298 participants pendant près de trois ans : 56 personnes présentant une déficience cognitive légère et 242 participants cognitivement sains, tous âgés en moyenne de 75 ans. Les chercheurs ont constaté que les conducteurs à un stade précoce de la maladie d’Alzheimer privilégiaient des itinéraires connus, conduisaient moins fréquemment et évitaient la conduite nocturne.

« Grâce aux données GPS, nous pouvions détecter les troubles cognitifs avec plus de précision que les tests isolés, même en prenant en compte l’âge ou des facteurs génétiques liés à la maladie d’Alzheimer », explique le professeur GaneshBabulal, auteur de l’étude.

L’équipe a démontré que certaines habitudes au volant pouvaient prédire un trouble cognitif léger avec une précision de 82 %. Cette approche présente un double intérêt :

1. Prévention des accidents : les conducteurs présentant des signes précoces de démence sont plus susceptibles d’être impliqués dans des incidents.

2. Détection précoce de la maladie : observer le comportement quotidien permet d’identifier des déficits cognitifs avant que des symptômes graves n’apparaissent.

« Surveiller le comportement au volant est une méthode peu intrusive et efficace pour suivre les capacités cognitives des personnes âgées. Cela pourrait permettre une intervention rapide avant qu’un accident ne survienne », ajoute le professeur Babulal.

Selon l’étude, trois indicateurs sont particulièrement révélateurs :

  • Préférence pour des itinéraires familiers, limitant les trajets nouveaux ou complexes.
  • Réduction globale du temps de conduite, notamment en journée.
  • Évitement de la conduite nocturne, souvent liée à une diminution de la vigilance et des capacités cognitives.

Aujourd’hui, des millions de personnes sont touchées par une démence de type Alzheimer au monde. La détection précoce via l’analyse du comportement au volant pourrait :

  • Permettre un suivi médical ciblé des conducteurs à risque.
  • Orienter vers des évaluations cognitives complètes plus rapidement.
  • Conseiller des mesures de sécurité routière adaptées, comme la conduite supervisée ou la limitation des trajets complexes.

1. Surveiller les changements de comportement au volant, comme éviter de nouvelles routes ou conduire moins souvent.

2. Encourager des bilans cognitifs réguliers chez les conducteurs âgés.

3. Adapter l’environnement de conduite : éviter les trajets nocturnes ou complexes pour limiter les risques.

4. Informer les proches et professionnels de santé si des habitudes inhabituelles apparaissent, pour permettre une intervention précoce.

Donc, la conduite quotidienne peut devenir un indicateur précoce de troubles cognitifs. Une surveillance attentive et des interventions rapides permettent non seulement de protéger la santé du conducteur mais aussi de réduire le risque d’accidents.

Mots clés : conduite ; maladie ; cerveau ; Alzheimer ; santé ; mental ; permis ; démence 

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