Face à l’effondrement du système de santé à Gaza, les Nations unies déploient une campagne humanitaire d’urgence pour protéger des dizaines de milliers d’enfants exposés à de graves risques sanitaires. Dès dimanche, une opération conjointe menée par l’UNICEF, l’OMS et l’UNRWA, en partenariat avec le ministère de la Santé de Gaza, visera à vacciner, nourrir et suivre la croissance de 44 000 enfants privés de soins depuis le début du conflit.
Une opération vitale dans un contexte humanitaire critique
Selon le porte-parole de l’ONU, Farhan Haq, trois phases successives sont prévues, la première s’étalant sur dix jours. L’objectif : restaurer les services de santé de base pour une population enfantine en grande détresse.
Depuis des mois, la guerre a détruit les infrastructures sanitaires et interrompu les campagnes de vaccination, augmentant les risques d’épidémies de rougeole, de poliomyélite et d’autres maladies évitables.
Les vaccins seront administrés dans 150 centres de santé et 10 cliniques mobiles répartis sur tout le territoire. Les équipes médicales locales, renforcées par 450 agents de santé et 150 médecins formés spécialement, assureront la logistique et le suivi des enfants.
Un arsenal sanitaire déjà en place
Les Nations unies ont confirmé que tous les vaccins, seringues, équipements de conservation à froid et compléments nutritionnels nécessaires sont déjà arrivés à Gaza.
Les enfants recevront trois doses du vaccin contre la poliomyélite et deux doses du vaccin ROR (rougeole, oreillons, rubéole). Ce programme s’inscrit dans une approche globale combinant vaccination, suivi nutritionnel et contrôle de la croissance afin de prévenir la malnutrition aiguë et les retards de développement.
Un défi logistique et sécuritaire majeur
Le succès de la campagne dépend d’une condition essentielle : le respect du cessez-le-feu.
Sans sécurité, les familles ne peuvent se déplacer et les équipes médicales risquent leur vie à chaque trajet. L’ONU appelle donc toutes les parties à garantir un accès humanitaire sûr et sans entraves aux zones les plus touchées.
Malgré l’intensification de l’aide internationale, les besoins demeurent immenses. Les restrictions d’accès, les points de passage limités et les embouteillages humanitaires freinent considérablement les livraisons de matériel et de nourriture.
Des enjeux sanitaires et humains cruciaux
Privés de soins, de nutrition adéquate et de vaccination depuis des mois, des milliers d’enfants gazaouis sont aujourd’hui menacés par la dénutrition et les maladies infectieuses. Selon les estimations de l’OMS, la malnutrition sévère et les infections respiratoires figurent parmi les principales causes de mortalité infantile dans les zones de conflit prolongé.
Cette campagne vise non seulement à prévenir une crise épidémiologique majeure, mais aussi à restaurer la confiance entre la population et le système de santé, aujourd’hui au bord de l’effondrement.
Recommandations médicales et humanitaires

Les experts de santé publique soulignent l’importance :
- d’assurer un approvisionnement constant en vaccins et en denrées nutritionnelles ;
- de maintenir des corridors humanitaires sécurisés pour les équipes médicales ;
- de renforcer la surveillance épidémiologique afin de détecter rapidement les cas de maladies infectieuses ;
- et d’offrir un soutien psychologique aux enfants et familles, durement affectés par la guerre.
Un message d’espoir au cœur du chaos
Cette opération de grande ampleur symbolise la résilience du système humanitaire international face à la crise. Pour les familles de Gaza, c’est une lueur d’espoir : celle de voir leurs enfants protégés, soignés et suivis, malgré les ruines et la peur. « Chaque vaccin administré est une victoire sur la maladie, sur la guerre, sur le désespoir », a déclaré un représentant de l’UNICEF.
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