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États-Unis : près de 10 millions de dollars de contraceptifs destinés à l’Afrique menacés d’incinération

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
1 août 2025

Un gaspillage sanitaire lourd de conséquences pour la santé des femmes

Un stock de contraceptifs féminins financé par l’agence américaine USAID, entreposé en Belgique, est sur le point d’être détruit en France. Cette cargaison, composée notamment d’implants contraceptifs et de dispositifs intra-utérins (stérilets), représente environ 9,7 millions de dollars d’aides médicales. Initialement destinée à l’Afrique subsaharienne, elle est aujourd’hui menacée d’incinération pour des raisons strictement politiques.

Ce lot, non périmé, devait être distribué dans des régions où l’accès aux services de santé sexuelle est limité, voire inexistant. Les pays visés par cette aide — principalement en Afrique — connaissent déjà un déficit alarmant en matière de planification familiale, avec un manque criant de moyens de contraception.

En supprimant cette aide, les États-Unis tournent le dos à des milliers de femmes qui risquent désormais des grossesses non désirées, souvent à haut risque, dans des contextes précaires où l’accès aux soins obstétriques est limité voire dangereux.

Ce gaspillage est l’aboutissement de la politique dite du « Global Gag Rule », remise en œuvre sous Donald Trump : les ONG étrangères qui mentionnent ou soutiennent l’avortement perdent tout financement américain, même si elles ne pratiquent pas elles-mêmes l’IVG. Résultat : de nombreuses structures locales de santé féminine se retrouvent sans soutien ni matériel.

Priver des femmes d’outils de contraception dans des zones où les systèmes de santé sont fragiles a des conséquences dramatiques :

  • Grossesses précoces ou rapprochées, qui augmentent significativement les risques de mortalité maternelle ;
  • Complications obstétricales, telles que l’hypertension gravidique, les accouchements prématurés ou les hémorragies post-partum ;
  • Avortements clandestins, souvent réalisés dans des conditions dangereuses, l’une des premières causes de mortalité féminine dans certains pays d’Afrique ;
  • Pauvreté accrue pour les mères contraintes d’abandonner l’école ou de renoncer à un emploi ;
  • Transmission de maladies, notamment le VIH, dans des contextes où l’information et les protections manquent.

Selon l’OMS, 218 millions de femmes dans le monde ont un besoin non satisfait en matière de contraception. Ce type de décision politique creuse encore davantage ces inégalités.

En Belgique, les autorités ont tenté d’intervenir auprès des États-Unis pour éviter la destruction du stock, tandis que des ONG avaient proposé de financer elles-mêmes le transport vers d’autres pays. Mais Washington a refusé.

La France, pressentie pour accueillir l’incinération, reste étrangement silencieuse. Une posture paradoxale pour un pays qui vient d’inscrire le droit à l’avortement dans sa Constitution.

Des ONG comme Médecins Sans Frontières et le Planning Familial dénoncent un « sabotage sanitaire », une forme de violence institutionnelle contre les femmes. Car ces contraceptifs ne sont pas qu’un choix médical : ils sont une clé d’autonomie, un outil d’égalité des droits, un levier contre la mortalité maternelle, et une protection contre la précarité intergénérationnelle.

Détruire ces stocks, c’est condamner des milliers de femmes à subir des grossesses non désirées, à vivre sans sécurité sanitaire, à risquer leur vie pour donner la vie. Et tout cela, au nom d’une idéologie politique aveugle aux réalités humaines.

Mots clés : USA ; médicament ; santé ; contraceptifs ; Afrique ; femme ;

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