Une Bonne Santé pour une Vie Meilleure

L’Algérie lance sa première unité de production de matières premières anticancéreuses

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
16 juillet 2025

Une première en Afrique : l’Algérie a franchi un cap historique dans son industrie pharmaceutique en lançant, lundi, la construction d’une unité de fabrication de matières premières pour médicaments contre le cancer. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a procédé à la pose de la première pierre de ce projet ambitieux dans la zone industrielle de Sétif. L’unité relèvera du groupe public SAIDAL, leader national dans le domaine pharmaceutique.

L’usine sera implantée sur 6.813,6 m² et mobilise un investissement public de 2,5 milliards de dinars. Elle vise une production annuelle de 5.000 kg de principes actifs – les composants chimiques essentiels dans la fabrication de médicaments.

Elle se spécialise dans les molécules anticancéreuses, qui figurent parmi les plus complexes et coûteuses à produire. Ces médicaments, utilisés en chimiothérapie, doivent répondre à des normes de qualité, de pureté et de sécurité extrêmement strictes.

Dès son entrée en service, prévue pour le premier trimestre 2026, l’usine fabriquera 15 produits innovants, réduisant ainsi la dépendance de l’Algérie vis-à-vis de l’importation de traitements onéreux et stratégiques.

Selon le ministre, ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie de sécurité sanitaire définie par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. L’objectif est double :

  • Assurer l’accès équitable aux traitements essentiels, notamment contre les pathologies graves comme le cancer.
  • Réduire la vulnérabilité du pays face aux crises sanitaires mondiales, comme celle vécue durant la pandémie de Covid-19.

Le ministre a rappelé qu’environ 80 % des médicaments disponibles sur le marché algérien sont désormais fabriqués localement. Ce taux remarquable permet à l’État :

  • De réduire significativement la facture d’importation.
  • De soutenir la création d’emplois qualifiés.
  • Et de renforcer la souveraineté thérapeutique nationale.

Les médicaments produits localement incluent des traitements pour les maladies chroniques, les infections, la douleur, les troubles neurologiques, et de plus en plus de médicaments dits « innovants ».

Les principes actifs pharmaceutiques (API) sont les substances biologiquement actives contenues dans les médicaments. Jusqu’à récemment, la quasi-totalité de ces composés étaient importés, principalement d’Asie.

Avec cette nouvelle usine et d’autres projets en cours, l’Algérie inverse cette tendance. Le ministre a annoncé :

  • L’entrée en service dès novembre 2025 d’une usine de production de matières premières pour le paracétamol à Batna.
  • L’ouverture imminente d’une unité de principes actifs pour antibiotiques à Médéa, actuellement en phase de réception.

Ces projets représentent un changement de paradigme, passant d’une industrie pharmaceutique de conditionnement à une production intégrée, de la molécule brute au médicament fini.

Avec 213 unités de production pharmaceutique, l’Algérie détient près du tiers des infrastructures de fabrication du continent africain (640 unités recensées). Le ministre estime que le pays a désormais les capacités nécessaires pour exporter ses médicaments vers d’autres marchés, notamment africains, arabes et asiatiques.

L’exportation de médicaments algériens contribuerait à :

  • Renforcer l’image de l’Algérie comme pôle industriel pharmaceutique régional.
  • Stimuler l’économie nationale à travers de nouvelles devises.
  • Partager les innovations médicales nationales avec les pays à ressources limitées.

En marge de la cérémonie à Sétif, M. Kouidri a visité deux unités pharmaceutiques situées dans la commune d’El Eulma :

  • Pharma Invest
  • Laboratoires Salem

Le ministre a inspecté les lignes de production, les laboratoires de contrôle qualité et les installations de conditionnement. Il a salué les efforts des équipes locales pour atteindre l’autosuffisance nationale, tout en respectant les normes de qualité internationales (ISO, GMP).

Ces entreprises participent activement à la construction d’une industrie pharmaceutique robuste, capable d’innover, de former, et d’exporter.

Ce projet à Sétif symbolise l’émergence d’une nouvelle ère pharmaceutique en Algérie. En produisant ses propres matières premières, le pays sécurise son avenir thérapeutique, allège le fardeau économique des importations et s’ouvre aux marchés internationaux.

Il s’agit non seulement d’un choix économique stratégique, mais aussi d’un acte fort en faveur du droit à la santé pour tous, en particulier pour les malades atteints de cancers, dont le traitement repose souvent sur des médicaments coûteux et difficilement accessibles.

Mots clés : pharmaceutique ; Kouidri ; médicaments ; Sétif ; cancer ;

à lire aussi: