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Avortements clandestins : Réseau démantelée à Bordj Bou Arréridj..

Edité par : Chabane BOUARISSA | Journaliste
31 mai 2025

Les autorités de Bordj Bou Arréridj ont récemment démantelé une structure médicale clandestine pratiquant des avortements illégaux dans un local commercial aménagé en clinique gynécologique. Ce réseau, composé de six personnes, opérait en dehors de tout cadre légal et médical. L’intervention des services de sécurité a permis de saisir un matériel médical sophistiqué, habituellement réservé aux structures hospitalières agréées.

Derrière une façade de centre de soins corporels, le local abritait une véritable salle d’intervention, équipée de matériel chirurgical : aspirateurs d’aspiration intra-utérine, pinces gynécologiques, seringues stériles, dispositifs d’anesthésie locale, et autres outils utilisés en chirurgie gynécologique. À première vue, l’endroit pourrait être confondu avec une salle d’opération légale. Pourtant, aucun protocole d’hygiène ou de suivi post-opératoire n’était appliqué.

Ce type d’environnement, en l’absence de personnel qualifié et de conditions sanitaires rigoureuses, multiplie les risques : infections graves, hémorragies, perforations utérines, stérilité ou décès.

Le principal suspect, âgé d’une quarantaine d’années, ne disposait d’aucun diplôme médical. Ancien lycéen arrêté en terminale, il se faisait passer pour un chirurgien et procédait à des interventions à haut risque, avec la complicité d’une femme agissant comme assistante. Ce duo opérait en toute illégalité, dans le plus grand secret, exposant la santé de nombreuses femmes à des conséquences potentiellement dramatiques.

L’opération de démantèlement, jugée “très sensible” par les autorités, a été menée par la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI), avec l’appui de la police judiciaire. Les perquisitions, autorisées par le parquet et réalisées en présence d’un cadre du secteur sanitaire, ont permis de confirmer la nature des actes pratiqués. Plusieurs instruments médicaux et éléments de preuve ont été saisis sur place.

Ce cas rappelle une réalité inquiétante : l’existence de réseaux clandestins qui exploitent la détresse de femmes cherchant à interrompre une grossesse. En l’absence d’encadrement légal, ces femmes se retrouvent seules, sans suivi médical, et souvent marquées à vie physiquement ou psychologiquement. Dans des conditions dangereuses, un acte médical complexe devient un acte de survie.

Ces pratiques représentent une menace directe pour la santé publique. Elles sapent les efforts du système de santé officiel, qui vise à protéger les patientes par un encadrement légal, une expertise médicale, et un accompagnement psychologique. Elles exposent également les femmes à des complications sévères et parfois irréversibles.

Au-delà de l’aspect criminel, cette affaire soulève une question de fond : pourquoi certaines femmes continuent-elles de recourir à ces pratiques clandestines ? Dans de nombreux cas, c’est la peur du jugement social qui les pousse vers la clandestinité.

L’interruption volontaire de grossesse (IVG), lorsqu’elle est interdite ou sévèrement restreinte, n’empêche pas sa pratique — elle la rend juste plus dangereuse. De nombreuses institutions médicales et organisations internationales soulignent l’importance d’un accès sécurisé, encadré et humain à l’IVG pour protéger la santé reproductive.

À l’issue de l’opération, les six suspects ont été placés en garde à vue, puis présentés au parquet. Ils seront poursuivis pour exercice illégal de la médecine, mise en danger de la vie d’autrui, ouverture illégale d’un établissement de santé et pratique d’avortements non autorisés. L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuelles complices et d’autres victimes potentielles.

La découverte de cette clinique clandestine illustre une problématique sanitaire et éthique préoccupante. Elle met en lumière l’existence de réseaux opérant en marge du système de santé, au mépris des lois, de la déontologie médicale et de la sécurité des patientes.

  • Un besoin urgent de contrôle et de régulation

Face à ce phénomène, les autorités sont appelées à renforcer les dispositifs de surveillance des établissements de soins non agréés, notamment ceux camouflés sous des façades commerciales. Il devient impératif de contrôler les pratiques illégales et les individus se faisant passer pour des professionnels de santé, en l’absence de diplômes ou d’accréditation.

  • Informer, éduquer, accompagner

Mais la réponse ne peut pas être uniquement répressive. Cette affaire révèle aussi un manque criant d’information et d’accès à des services de santé reproductive sûrs et encadrés. D’où l’importance de lancer des campagnes de sensibilisation, notamment sur les droits des femmes, l’éducation sexuelle, et les parcours d’accompagnement médical sécurisé. Prévenir, écouter, et orienter sont les piliers d’une santé publique moderne et humaine.

  • Les charlatans de la médecine sous toutes leurs formes

Les professionnels de santé tirent également la sonnette d’alarme face à la multiplication de pseudo-praticiens. Ces individus, souvent sans formation, opèrent dans les marchés, les souks, les places publiques ou encore via les réseaux sociaux. Ils prétendent soigner ou intervenir dans des domaines sensibles comme la gynécologie ou la fertilité, exposant les patientes à des risques majeurs, parfois irréversibles.

Mots clés : santé ; clandestin ; charlatans ; médecine ; illégale ; avortement ;