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Journée mondiale de lutte contre la tuberculose : sensibilisation et engagement… 

Edité par : Safa Kaouther BOUARISSA | Journaliste
24 mars 2025

Un combat mondial contre une maladie persistante

Chaque année, le 24 mars, la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose est l’occasion de sensibiliser le public aux conséquences sanitaires, sociales et économiques de cette maladie et d’encourager des efforts accrus pour éradiquer l’épidémie. Cette date commémore la découverte du bacille Mycobacterium tuberculosis par le Dr Robert Koch en 1882, une avancée décisive dans le diagnostic et le traitement. 

Un fléau toujours d’actualité 

En 2023, la tuberculose a atteint un record de 8,2 millions de nouveaux cas, redevenant la maladie infectieuse la plus mortelle, devant la COVID-19. Malgré une baisse des décès (1,25 million), le nombre total de cas a augmenté à 10,8 millions. L’Inde, l’Indonésie, la Chine, les Philippines et le Pakistan concentrent 56 % des cas. L’écart entre cas estimés et signalés diminue grâce aux efforts post-COVID, mais la tuberculose multirésistante reste une crise, avec seulement 44 % des cas diagnostiqués et traités.

En Algérie, la tuberculose demeure une préoccupation de santé publique. En 2023, le pays a enregistré 19 133 cas de tuberculose toutes formes confondues, avec une incidence de 41,10 cas pour 100 000 habitants.

Répartition des cas :

  • Tuberculose pulmonaire : 5 431 cas (29,2 %), dont 4 379 contagieux, avec une incidence de 9,5 cas pour 100 000 habitants.
  • Tuberculose extra-pulmonaire : 13 141 cas (70,8 %), avec une incidence de 28,2 cas pour 100 000 habitants. Les localisations les plus fréquentes sont ganglionnaires (60,8 %), suivies des formes séreuses (pleurale, péritonéale, méningée, péricardique).

Au cours de la dernière décennie, l’Algérie a observé une baisse constante des cas de tuberculose pulmonaire infectieuse, passant de 70 cas pour 100 000 habitants en 1982 à 42 cas pour 100 000 en 2022. Parallèlement, une augmentation des cas de tuberculose non pulmonaire a été notée, souvent présumés plus que prouvés.

L’État algérien s’engage fermement dans l’éradication de la tuberculose, mettant en œuvre des programmes de lutte et de prévention pour contrôler et réduire l’incidence de cette maladie.

 

Qu’est-ce que la tuberculose ?

La tuberculose est une maladie infectieuse grave causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis, également appelée bacille de Koch. Elle touche principalement les poumons, mais peut aussi affecter d’autres organes comme le cerveau, les reins, la peau ou le foie.

Cette maladie se propage facilement dans les espaces confinés et constitue un risque majeur pour les personnes immunodéprimées, notamment les séropositifs au VIH, qui sont plus susceptibles de développer une forme active de la tuberculose.

Les trois formes de la tuberculose.

  1. L’infection tuberculeuse latente (ITL) : La bactérie est présente dans l’organisme mais ne provoque aucun symptôme. Le système immunitaire parvient à la contenir, empêchant sa propagation.
  2. La tuberculose active : L’infection se développe et entraîne des symptômes cliniques. Cette forme est hautement contagieuse.
  3. La tuberculose extrapulmonaire : La bactérie affecte d’autres organes que les poumons, rendant le diagnostic plus complexe en fonction de la zone touchée.

D’autres formes de tuberculose peuvent affecter divers organes :

  • Tuberculose ganglionnaire (intra ou extra-thoracique) : gonflement des ganglions lymphatiques
  • Tuberculose osseuse : douleurs dorsales et articulaires
  • Tuberculose génito-urinaire : infections des reins ou du tractus génital
  • Tuberculose gastro-intestinale : symptômes digestifs variés
  • Tuberculose cutanée : lésions cutanées (rare)

Dans certains cas, la maladie peut toucher plusieurs organes simultanément.

 

Modes de transmission : La tuberculose est-elle contagieuse ?

La transmission se produit lorsqu’une personne atteinte de tuberculose active libère des bactéries dans l’air en toussant, éternuant, parlant, chantant ou riant. Une personne saine qui inhale ces particules peut être infectée.

La tuberculose peut être favorisée par plusieurs facteurs :

  • Exposition prolongée à une personne atteinte de tuberculose active.
  • Conditions de vie précaires, notamment la surpopulation et le manque d’hygiène.
  • Présence de la maladie dans la région, augmentant le risque de contamination.
  • Affaiblissement du système immunitaire, notamment en cas d’infection par le VIH/sida.
  • Malnutrition, qui réduit la capacité du corps à lutter contre l’infection.
  • Tabagisme, qui fragilise les poumons et favorise les infections respiratoires.
  • Consommation excessive d’alcool, affaiblissant les défenses immunitaires.
  • Certaines maladies chroniques, comme le diabète, qui augmentent la vulnérabilité à l’infection.

Cependant, une infection ne signifie pas automatiquement une maladie. Dans la plupart des cas, le système immunitaire empêche la bactérie de se développer. Mais si l’immunité faiblit, l’infection tuberculeuse latente peut évoluer vers une tuberculose active.

Quels sont les symptômes de la tuberculose ?

La tuberculose latente ne présente aucun symptôme, mais un test tuberculinique sera positif.

En revanche, une tuberculose pulmonaire active se manifeste par :

  • Toux persistante (plus de deux semaines)
  • Douleurs thoraciques
  • Expectorations sanglantes
  • Fatigue et faiblesse généralisée
  • Perte d’appétit et de poids
  • Fièvre et frissons
  • Sueurs nocturnes

Comment diagnostiquer la tuberculose ?

Le diagnostic repose sur plusieurs tests :

  • Test tuberculinique (IDR) : Injection de tuberculine sous la peau, avec observation de la réaction après 72 heures.
  • Analyse sanguine : Recherche de cellules immunitaires réagissant à la tuberculose.
  • Radiographie pulmonaire : Détection d’anomalies dans les poumons.
  • Analyse des crachats : Recherche de la bactérie Mycobacterium tuberculosis.

Recommandations pour le diagnostic de la tuberculose

  • Examen des crachats : Deux prélèvements sont recommandés, idéalement le même jour.
  • Test complémentaire : En cas d’examen direct positif, un test d’amplification génique est systématiquement requis (sauf en cas de faible suspicion).
  • Méthode alternative : Si le patient ne peut pas expectorer, une fibroscopie bronchique avec aspiration bronchique est privilégiée.
  • Dosage de l’adénosine désaminase : Possible dans plusieurs liquides biologiques (pleural, péritonéal, péricardique, céphalo-rachidien).
  • Dépistage du VIH : Obligatoire chez les patients suspects.
  • Évaluation de la contagiosité : Plus fiable avec l’imagerie thoracique, surtout en cas de lésions excavées visibles au scanner.

 Traitement de la tuberculose : Comment la soigner ?

Le traitement repose sur une combinaison d’antibiotiques administrés pendant 6 à 9 mois. L’adhésion au traitement est essentielle pour éviter les rechutes et la résistance aux antibiotiques.

  • Phase intensive : Plusieurs antibiotiques sont prescrits pendant les premiers mois pour éradiquer rapidement les bactéries.
  • Phase de consolidation : Certains médicaments sont retirés progressivement pour achever l’éradication de l’infection.

Un suivi médical régulier est nécessaire pour surveiller la réponse au traitement et ajuster la prise en charge.

Précautions et prise en charge de la tuberculose

  • Isolement des patients : Trois niveaux de précautions (simples, renforcées, maximales).
  • Ventilation et protection : Chambre bien ventilée ; masque FFP2 obligatoire pour les sorties (sauf en cas de tuberculose XDR, où elles sont interdites).
  • Durée de l’isolement : Minimum 30 jours après le début du traitement pour les formes excavées à forte charge bacillaire.
  • Levée des précautions : Évaluation après 14 jours ; pour la tuberculose XDR, trois cultures négatives sur trois jours distincts sont nécessaires.
  • Traitement ambulatoire : Possible en l’absence de risque de transmission.
  • Arrêt de l’éthambutol : Envisageable avant deux mois si la souche est sensible à l’isoniazide et à la rifampicine.
  • Traitement chez l’enfant : Durée de 4 mois si la tuberculose pulmonaire est limitée, sans cavité ni bacillifère.
  • Supplémentation en vitamine B6 : Pyridoxine recommandée (max. 10 mg/jour) pour prévenir les neuropathies.

La tuberculose est une maladie grave, mais traitable si elle est diagnostiquée à temps. La prévention par la vaccination et le dépistage précoce joue un rôle clé pour limiter sa propagation. Une bonne adhésion au traitement permet d’éviter les complications et la transmission de souches résistantes aux antibiotiques.

 

Thème et slogan de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose 2025. 

Le thème de cette année est : ‘’Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose : s’engager, investir, agir’’ Ce message souligne l’urgence d’une action coordonnée pour renforcer la lutte contre cette maladie.

Sensibilisation et prévention

La recherche active de cas est une stratégie essentielle : elle consiste à identifier les personnes à risque au sein des communautés et à les orienter vers un dépistage et un traitement précoces.

La vaccination par le BCG (Bacille de Calmette et Guérin) est le principal moyen de prévention. Développé en 1908 par Calmette et Guérin, le BCG (Bacille de Calmette et Guérin) est toujours utilisé aujourd’hui pour protéger contre les formes graves de la maladie.

Administré aux nourrissons dans certains pays, il protège contre les formes graves de tuberculose chez l’enfant, mais son efficacité contre la forme pulmonaire chez l’adulte est limitée.

Le dépistage précoce est essentiel, notamment pour les personnes à risque élevé (patients immunodéprimés, travailleurs de la santé, détenus, migrants provenant de zones à forte prévalence). Des tests cutanés ou sanguins permettent de détecter une infection latente et de prévenir l’évolution vers une forme active.

Une mobilisation mondiale est indispensable pour atteindre l’objectif d’une élimination définitive de la maladie.

 

 

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